Spasmophilie quand tu nous tiens

Publié le 23 Avril 2014

Spasmophilie quand tu nous tiens

Et bien voilà, depuis hier le mot est tombé, je ne dirais pas que je ne m'en doutais pas, cela serait plus que faux, mais voilà: je suis spasmophile.

Depuis un an, je suis mal, tout le temps, partout, ou presque, des vertiges, des sensations de déréalisation, des acouphènes, des nausées, des troubles de la concentration, des papillons devant les yeux, des migraines, bref, la liste est bien trop longue je m'arrêterais là, dans la description...

Il y a de ça un an et demi, les vertiges commençaient, des gros, l'impression, que je sombre dans le néant, que ma tête et mon cerveau sont partis pour les grandes affaires. La tête me tourne, elle est plus que douloureuse, je suis éreintée, je sens que je sombre, je suis pâle, direction le doc. Résultat: labyrinthite. Une maladie étrange, plus qu'épuisante, mais dont le nom me plait bien, et qui au final part avec les médicaments.

Environ 6 mois plus tard, les vertiges recommencent, quelques jours avant de commencer un nouveau travail. Après un énorme vertige sur le canapé, ceux-ci deviennent présents quotidiennement, plus ou moins forts, avec plus ou moins d'autres symptômes.

Ni une ni deux, je retourne voir Doc, il me donne quelques anti-inflammatoires, et autres choses du même acabit. Pas d'amélioration au bout de quelques temps, je retourne chez Doc, qui me conseille de prendre rendez-vous chez l'ORL, spécialisé dans les troubles de l'équilibre, de l'oreille interne et des vertiges. Résultat: rendez-vous pour une vidéonystagmographie: une examen que plus jamais de ma vie je ne referais et ce, pour tout l'or du monde! Même si l'examen en soit n'est pas intrusif, il est dorénavant une de mes hantises: masque filmant les mouvements involontaires des yeux, afin de déterminer si il y a quelque chose qui cloche dans ce domaine. Donc afin de les faire réagir les techniques sont multiples: siège qui bouge (un peu comme dans un manège, montée d'adrénaline et nausées incluses), l'eau froide et chaude dans les oreilles afin de créer des vertiges, et là, c'est l'enfer! J'ai cru tomber dans un puits sans fond, l'adrénaline envahissant tout mon être, toutes les parties de mon corps, bref, une sensation abominable de danger imminent... J'ai bon ne pas être croyante, je prie pour ne jamais avoir à revivre ça.

Le résultat de cet examen? Un hydrops sur la fin, les conseils de la doc? Rien, elle ne peut rien faire, c'est une sorte de migraine, en gros, ad vitam aeternam je serais réduite à tournicoter, à vomir et à perdre la tête avec ce maudit truc.

Je quitte le cabinet, plus que chancelante, et retourne au travail, ma journée se passe, et le soir, j'apprend que mon grand-père adoré vient de décéder... Le monde me tombe à nouveau sur la tête, les vertiges sont toujours là, je suis éreintée, et la personne sont j'ai toujours été le plus proche, vient de mourir.

Je retourne chez Doc, et lui demande des somnifères, et des anxyolitiques, pour me calme et ne pas aggraver mon état déjà pas bon.

Les jours passent, je demande un arrêt de travail à ma patronne, afin de surmonter toutes ces choses qui me brisent. L'enterrement se passe, les vertiges sont là, mais pas plus importants que les semaines précédentes, je ne comprend pas, mais j'apprécie les efforts de mon corps.

Durant ce temps, mon petit furet adoré, multiplie les allers et retours chez le véto, il est âgé, et sa santé semble se faire de moins en moins bonne, il fait des crises (à nous deux...), j'angoisse, mon sommeil est léger, au moindre bruit la nuit, l'adrénaline me brûle et je saute hors du lit pour voir si Ounet va bien. J'ai des difficultés à me reposer... Les périodes d'accalmie se succèdent puis laissent place à des vertiges toujours plus angoissants et présents.

Je quitte mon travail, je suis éreintée, j'ai tout le temps peur de tout, des petits weshs qui viennent dans la boutique et nous volent, des transports en commun, de la foule. Je ne peux plus utiliser mon ordinateur, le bruit et la lumière me provoquent des migraines et des vertiges...Je reste chez moi et m'enferme, fréquentant au minimum le monde extérieur. Je passe mes journées à dormir et à lire.

Je ne sais plus quoi faire, je deviens folle, j'angoisse, j'ai peur de ce que cela pourrait être.

Je retourne chez l'ORL, absolument pas réconfortant, ni même sympathique, il me conseille de faire un IRM si les symptômes restent présents... J'ai encore plus peur, peur d'une tumeur, peur d'avoir quelque chose de grave. Je n'irais pas faire mon IRM, je préfère mourir sans savoir. Les symptômes, partent, parfois complètement, parfois tout en restant en filigrane.

Nous sommes en octobre, les choses semblent s'être calmées, du moins pour la majorité des vertiges. Je peux vivre plus ou moins normalement. Je me renseigne sur les cours de Tai-chi, censés me canaliser mon stress, j'ai les sous, j'ai les renseignements, bref, tout est organisé, je suis prête. Je m'habille, prête à braver le monde et à aller en cours. Mon copain me retrouvera assise par terre dans le salon, terrorisée à l'idée de fréquenter de nouvelles personnes. Je fais une croix sur le Tai-Chi, cela est semble-t'il trop stressant pour moi.

Je me renseigne en parallèle sur les cours du soir de la Mairie de Paris en CAP Couture Flou afin de perfectionner mon niveau de couture pour le passage de mon BTS Design de Mode. Je passe le "concours", et suis retenue.

Aux débuts, je réussis à fréquenter assez assidument les cours, tous les soirs de la semaine, puis les vertiges reviennent, je ne supporte pas les lumières des salles de classe. Je sèche, à contre-coeur, tentant d'y aller le plus souvent possible.

Depuis quelques mois, mes yeux fatiguent: la vue se brouille, des papillons se baladent dès que je sors de chez moi, j'ai les globes oculaires gonflés, les paupières qui tressautent et des migraines ultra-régulières. Je me dis donc que mes problèmes de vertiges sont peut être liés à mes yeux. Je retourne chez les médecins: ophtalmo, qui me diagnostique une petite perte de la vue de près, et des lunettes. Je lui parle des vertiges qui m'empoisonnent l'existence, lui demandant si ça ne pourrait pas être lié. Il me répond qu'au premier abord il ne semblerait pas, mais que je devrais tout de même faire un bilan chez l'orthoptiste.

Je ressors donc de là avec une ordonnance pour des lunettes, et un bilan orthoptique à faire avec à la carte une quinzaine de séance si besoin.

Je fais mes lunettes, assez démoralisée d'avoir besoin de ce genre d'accessoire que je n'ai jamais apprécié, et commence à les porter lorsque je travaille sur l'ordi ou lorsque je lis.

Puis je prend rendez-vous chez l'orthoptiste.

Le bilan, j'ai en effet un problème de convergence au niveau des yeux, et je dois suivre les séances de rééducation.

Nous arrivons au début de l'hiver, je commence mes séances, c'est amusant et l'orthoptiste est cool, nous parlons de tout et de rien, je me détend. Après la première séance, je fonce directement à mes cours du soir, à peine arrivé en cours de moulage, que je deviens aussi pâle que ma craie, j'ai la sensation d'être là, puis plus là, j'ai la tête qui tourne, les vertiges qui apparaissent, je fuis... Impossible de rester dans la salle, je dois partir.

Je sèche le reste de la semaine, je suis dans un mauvais état, je suis fatiguée à l'extrême, mon furet est toujours malade et il continue de faire des crises d'épilepsie, mes nuits sont entrecoupées de cauchemars et d'angoisse de devoir lui donner du lithium dès le début de sa crise sous peine du pire...

Je poursuis mes séances, mais je suis crevée, je retourne chez Doc pour voir ce qui cloche à nouveau, il me prescrit deux ampoules de magnésium à forte dose.

Je dois arrêter les cours, je ne peux plus tenir, j'angoisse de toujours devoir expliquer mes absences, d'avoir les regards toujours braqués sur moi, sur mon comportement de fantôme.

Un soir, je rentre d'un de mes derniers cours, mon copain me demande si les choses vont bien, pour une fois, oui, je n'ai pas de malaise, une période d'accalmie. Et m'annonce que mon Ounet vient de mourir. Comme ça, sans prévenir, tranquillement, en dormant, pendant que mon homme était en train de cuisiner. Je suis triste, et je ne comprend pas que ça ait été si brutal. J'ai l'impression de ne pas avoir fait assez pour lui, même si ça n'est pas le cas. C'est le premier être vivant dont j'ai eu vraiment à m'occuper, à soigner, à chérir. Et qu'importe le ridicule de la situation, sa maladie m'a vraiment flanqué un coup.

Nous partons l'enterrer dans la maison de campagne de ma grand-mère en Normandie, sous un jasmin d'hiver acheté spécialement pour lui. Et mes vertiges ne s'intensifient pas plus, les choses ne changent rien. J'ai étrange sensation que les décès n'accentuent pas mes maux, au contraire des angoisses des décisions à prendre, des changements de vie et de toutes modifications où mon choix est présent.

Je dois arrêter les séances d'orthoptie, la Sécurité Sociale ne m'a pas contacté pour refaire mon dossier et je me retrouve donc sans SS.

Je fais un stage avec mes cours, pour la préparation du BTS, nous sommes 3 élèves et 1 prof, je n'angoisse pas, je pense à profiter de ce stage pour préparer au mieux mon examen. L'une des demoiselles à les mêmes symptômes que moi, depuis qu'elle a eu une méningite, elle non plus ne sait pas d'où cela vient, ni même ce que c'est. Je lui conseille l'orthoptie qui semble me convenir et me calmer depuis déjà quelques temps.

Et puis, il y a trois semaines(un dimanche), je me réveille avec une brûlure lors de la respiration, je commence à m'inquiéter, j'ai peur de mon cerveau qui fait des siennes, et de mes poumons maintenant, j'ai peur du cancer des poumons, peur de suivre les traces de feux mon oncle et mon grand-père (l'autre que je n'ai pas connu)... La semaine passe, les vertiges s'accentuent, j'ai peur, vraiment peur, de nouveaux symptômes arrivent: douleurs dans la poitrine, mal dans le coeur, mal dans le dos, nausées, perte de poids, je suis terrifiée, l'angoisse du cancer est présente toujours la journée, l'adrénaline me ronge. Je ne sens plus mon bras gauche, j'ai des fourmillements... Je ne connais pas toutes ces choses, j'ai encore plus peur.

Le mardi, après une semaine et demi d'angoisse, je semble aller mieux, je suis au lit, et m'endors quand soudain, je sens un déferlement de chaleur dans mon crâne, des aiguilles qui me transpercent le cerveau, et descendent dans les épaules, je retire mes boules Quies et les balancent, je m'assois au pied du lit, les effets ne partent pas. J'ai peur, très peur, que m'arrive t'il? Je me lève, car il fait noir et j'étouffe, je vais allumer la lumière mais je tremble, je n'arrive pas à allumer la lumière à cause de ces maudits tremblements. Je m'assois sur le canapé, je suis prostrée, je n'arrive pas à réfléchir, j'ai toujours ces fourmis dans le cerveau, j'ai les membres contractés, et je tremble sans être capable de m'arrêter, mon copain me rejoins, j'ai peur je ne sais pas ce que j'ai je sens que je vais m'évanouir. Je sens mon coeur qui bat, fort et vite. Nous ne comprenons pas ce qui m'arrive, et soudain l'illumination: crise de tétanie: ma mère en faisait. Il me donne un sac en plastique pour que je me calme, et que je respire dedans. Je prend un Xanax, la crise se calme au bout d'une dizaine de minutes. Je tremble encore légèrement, j'ai toujours peur. Nous regardons dans mon livre de médecine des années 20, et sur le net, la crainte est bien celle-ci, c'est de la tétanie.

Plus de peur que de mal. Le lendemain je téléphone à ma mère pour avoir plus de renseignements. La semaine se poursuit, fatigue, migraines, vertiges, mais j'ai l'impression que les choses se calment. J'attend le retour de vacances de mon médecin, sachant qu'il est absent depuis le samedi précédent et que ma recherche de remplaçant s'est révélée infructueuse. Nous partons pour le week-end dans la famille de mon homme, les 3 jours se révèlent ne pas être de tout repos. Nous revenons lundi soir. Nous sommes au calme, seuls tous les deux. Je sens que mon cerveau chauffe à nouveau, je prend un Xanax et vais au lit. Quant soudain, une montée d'adrénaline survint subitement, la crise est à nouveau là. J'ai peur à nouveau, peur d'une méningite (la méningite de la demoiselle de cours est arrivée avec la sensation d'une grosse crise d'angoisse). Mon copain, arrive, me demande si je veux aller aux urgences, ce qui a encore plus tendance à m'inquiéter, je prend ma température: 36,6° pas de risque, je n'ai pas de fièvre, je fais donc encore une crise de tétanie. La crise passe plus rapidement, mais j'ai peur de dormir.

Le lendemain matin, je téléphone à Doc, de retour de vacances et prend rendez-vous pour l'après-midi. Je fais la liste de tous mes problèmes depuis un an, ceux qui n'arrivent qu'une fois de temps en temps, ceux, permanents, et les récents. Mon copain vient me chercher pour m'accompagner, sur le chemin je suis éreintée, j'ai des palpitations, les jambes qui tremblent, arrivés en bas de l'immeuble, les fourmillements apparaissent dans mon crâne, je sens que si ça continue je vais faire une crise. Je rentre dans l'ascenseur, et attend dans la salle d'attente. Doc m'ausculte, lis ma liste à rallonge, et confirme mes dires. Je suis spasmophile.

Rédigé par Venus Velvet

Publié dans #Spasmophilie et trouble panique

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chiaroux 28/04/2014 18:23

Quelle horreur ça... je fais beaucoup de crise d'angoisses la nuit, palpitations, spasmes dans le cerveau.. Ma mère qui aussi est sujette à tout ça me nourrit à la vitamine C et au magnesium..
Regarde également s'il exsite des huiles essentielles pour ça..

Venus Velvet 28/04/2014 18:32

Oui, le magnésium est parfait pour cela, mais il faut aussi souvent lui adjoindre du calcium.
Pour les huiles essentielles, je me suis penchée sur la question, dans le désordre, il y a celles-ci: estragon (antispasmodique neuromusculaire), la marjolaine (calmer le système nerveux), ylang-ylang (antidépressive, relaxante, sédative, antispasmodique), petit grain bigarade (antispasmodique, anti-inflammatoire, relaxant, sedatif et antidépresseur) et la mélisse (calme les palpitation).
Sinon, il y a aussi la phytothérapie avec la passiflore (autrement dit la fleur du fruit de la passion, d'ailleurs, les fleurs peuvent aussi être prise en tisane ou fumées), et l'aubépine.