Le syndrome de Peter Pan. Plus grandir pour pas souffrir, pas mourir.

Publié le 15 Mai 2014

Je ne vais pas vous mentir, mon titre est fait pour être accrocheur, malgré tout c'est de cela dont je vais vous parler.

Le syndrome de Peter Pan, a été développé par un psychanalyste américain, Dan Kiley, mais n'est pas reconnu par le corps médical comme étant une entité clinique réelle en raison du manque d'études sur le sujet.

Le syndrome de Peter Pan. Plus grandir pour pas souffrir, pas mourir.

Je fais partie de la génération Y, une génération assez peu comprise par les sociologues, et autres chercheurs. Nous sommes une génération incomprise. Tous les qualificatifs les plus péjoratifs s'appliquent à nous définir, nous sommes fainéants, désenchantés, immatures, fainéants, j'en passe et des meilleurs.

Nous sommes pour la plupart les enfants de la génération de mai 68, du Baby Boom, nous avons eu des éducations en lien avec les utopies de nos géniteurs.

Et aujourd'hui, lorsque je regarde autour de moi, je vois deux types bien distincts dans ma génération, alors, je me dois de préciser que je suis parisienne, donc je ne peux qu'étudier ce que je vois au plus près de moi, il m'est impossible de me rendre compte des modes de vie dans les zones plus rurales, ou même en province, mais, je ne suis pas certaine non plus que cela change beaucoup de choses à la donne.

Autour de moi, et cela m'inclue aussi dans cette constatation, que beaucoup de personnes que j'ai pu fréquenter et que je fréquente encore aujourd'hui, continue de croire à un mode de vie plus calquer sur l'adolescence que sur l'âge adulte, nous continuons de jouer aux jeux vidéo, de vivre dans des appartements pas plus grand qu'un mouchoir de poche, nous avons peur de l'engagement, de l'avenir, des responsabilités et des choses de grands en règle générale.

Je prend mon exemple: j'ai près de 28 ans, j'ai commencé et arrêté à de multiples reprises mes études, je continue de me lobotomiser devant la console dès que mon moral baisse, je n'ai pas passé mon permis (je me sens trop jeune encore... ne cherchez pas à comprendre), j'ai une peur bleue des enfants, des fiançailles, des mariages, des impôts, du travail, de vieillir et de souffrir.

Je me sens incapable de m'occuper des choses qui font pourtant le quotidien des humains adulte et ce, depuis la nuit et aux quatres coins du globe.

Je suis incapable de me projeter dans un futur, que celui-ci soit plus ou moins lointain. L'idée de vivre dans une maison, me remémore Desesperate Housewife et donc la vie de ménagère multipare, avec son chien, sa clôture blanche et ses ennuies.

A mon âge, je me penche encore sur la question du "qu'est ce que je ferais quand je serais grande?". C'est étrange. Si je pense à mon âge, la première idée qui me viendra ne sera pas 27 ans, mais bien 10 de moins.

Je ne l'explique pas, j'ai toujours les mêmes envies et attentes que lorsque j'étais ado, pardon, non, je mentirais à dire cela: à 17 ans, mon but était de vivre seule (ce que je faisais), de quitter les cours et de taffer, d'être libérée de l'autorité matriarcale (ou plutôt grand matriarcale) qui régnait chez moi. J'ai fait les 400 coups, et j'ai aimé ça.

Pourtant avec le temps, je n'ai pas réussi à évoluer, je continue de me sentir bloquée dans cette période de ma vie, je ne rêve pas de me construire une carrière, de fonder une famille, et toutes les représentations que l'on a habituellement de nos parents.

Cela ne poserait pas de problème si j'étais la seule dans ce cas, mais plus je regarde autour de moi, plus je vois des personnes ayant des modes de vie qui semblent clonés sur le mien. Et là, je m'inquiète!

Pourquoi notre génération refuse t elle de grandir? Nos parents (ou grands-parents, pour moi) nous auraient ils lobotomisé? Ont ils voulu faire de nous leurs petits enfants pour toujours, ceux qui doivent réclamer à grand renforts de pleurs et de caprices des aides dans toutes les facettes du quotidien? Pourquoi ne souhaitons-nous pas évoluer, à moins que nous ne puissions pas?

Quels sont ceux à qui il faut attribuer la faute? Est-ce à nous même, à ceux qui nous ont mis au monde et éduqués ou encore à la société en elle-même?

De l'autre côté, au sein d'une même fratie, nous pouvons constater l'exact inverse, des personnes recherchant (parfois très/trop jeunes) à adopter des modes de vie très rangés, comme l'enfantement, le mariage, etc...

Avec ces personnes nous nous regardons, ne se comprenant pas l'un l'autre, ayant la sensation d'évoluer dans des cieux différents, dans des réalités qui ne peuvent en aucun cas se rencontrer. Chacun regarde l'autre, le jugeant, le toisant, ayant l'impression qu'il rate sa vie (je m'inclue là encore dans cela), nous ne nous comprenons plus, l'un semble insensible à ces modes de vie infantiles, voyant un adolescent attardé qui se rendra bien vite compte qu'il est passé à côté des choses importantes de la vie, et de l'autre, l'ado attardé ne se s'empêcher de penser que son interlocuteur s'enferme dans un carcan bien trop jeune, qu'il reproduit des schémas datant de la nuit des temps, et que tôt ou tard, il tombera en dépression ne supportant plus les portées de gosses pondus, le divorce qui pointera son nez un jour, la maîtresse que le mari se sera chopé car plus jeune et moins rangée.

Il y a de l'incompréhension, nous sommes une génération bicéphale, au bout d'un moment, nous nous retrouvons à choisir, ou à subir l'un ou l'autre de ces deux schémas.

Je me suis éloignée de certaines personnes pour ça, je ne supportais plus les actualités sur les nouveaux gosses qui venaient d'arriver, les grossesses, les mariages, les trucs de vieux, et pourtant c'était des personnes que j'appréciais réellement, je n'ai pas supporté d'avoir le reflet de ce qu'aurait pu être ma vie si je ne m'étais pas (volontairement ou non) bloquée dans cette manière de vivre.

Cela m'agressait, je me sentais mise à l'écart du monde des grands, comme si l'on me fermait la porte au nez car je refusais les codes qui étaient nécessaires.

Je sais que je ne suis pas la seule, certains en souffre, d'autres non, chacun est libre de penser ce qu'il veut de sa propre vie, nous faisons de toutes manières chacun plus ou moins des périodes d'introspection sur le chemin que nous avons ou non parcouru.

Le mien, est aujourd'hui celui-là, je suis une presque-enfant bloquée dans un corps d'adulte avec une date de naissance qui ne semble pas en phase avec mon âge pensé. J'ai peur de cet état de stagnation tout autant que l'autre modèle me répulse et m'angoisse.

J'ai la sensation de ne pas avoir de vraie place au sein de cette société. La faute à qui? Qui dois-je maudire sur des générations? Est-ce moi même? Est-ce les autres?

Dans quel cas êtes vous?

Je me dois de préciser que mon schéma est grossier, que chacun ne peut pas être classé dans l'une ou l'autre des deux catégories, nous avons tous des passés et des envies variables, mais il était plus simple de stéréotyper afin de bien comprendre ce que je souhaitais exprimer.

Rédigé par Venus Velvet

Publié dans #Vie

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Wendy 23/04/2016 02:35

Coucou... Je cherchais quelques infos sur le syndrome de PP car j'ai commencé mon blog sur ce sujet. Je suis moi-même atteinte de cette pathologie, qui depuis un certain temps m'enfonce dans une dépression car ne pas avancer dans ma vie,c'est asse flippant. Même si ma tête refuse mon age, sur mes papiers il est bien noté 41 ans... et je n'arrive à rien. Je me retrouve dans tout ce que tu as écrit, comme quoi le schémas est assez répétitifs... et j'ai également cette sensations de ne pas avoir ma place dans cette société. Bref.. depuis ce billet, penses-tu avoir évoluer?
Je n'ai pas encore lu les autres sujets de ton blog, hormis l'avant dernier ou tu t'excusais de ne plus être trop présente. Je compte bien y jeter un oeil par après en tout cas. :-) J'ai vraiment apprécié te lire, bon article bien construit!

Anonyme 14/07/2014 17:25

Moi, c'est plutôt...pas grandir pour pas souffrir.
Je me reconnais dans certaines phrases à toi et d'ailleurs j'ai été trop fainéante pour tout lire mais j'ai quand même lu une grande partie...Notre différence d'age est de 10 ans puisque j'ai bientôt 17 ans mais pourtant je n'espère pas les fêter, je ne ressens aucun besoin de me projeter dans le futur et chaque fois que ma mère me demande de remplir mon dossier pour le futur, j'ai l'impression d'être opressée et je lui réponds que quand le jour arrivera je le remplirais. Avant je n'étais pas vraiment comme ça, j'attendais mes anniversaires avec impatience, je n'avais aucun probleme pour grandir et maintenant je redoute la majorité. Je ne veux plus grandir.