Spasmophilie et trouble panique (Partie 4)

Publié le 13 Mai 2014

Spasmophilie et trouble panique (Partie 4)

La crise ne s'arrêtait pas, au bout de 4 heures de tremblements acharnés, de nerfs qui lâchent et de supplications, ma mère finit par téléphoner à SOS Médecin, pour la seconde fois en moins d'une semaine.

Le médecin arrive, armé de sa mallette, il prend ma tension, bonne comme toujours, me demande quels sont les médicaments que je prend, et répond à cela que mon traitement est "homéopathique", et que je dois augmenter le Xanax, à 3 comprimés par jour en 0.5 mg, soit 1.5 mg par jour alors que jusque là j'étais à 0.25 mg.

Il me refait une piqûre de Valium, la délivrance que j'espérais. Malheureusement, les effets seront bien différents de la précédente fois, je sens mes pensées qui deviennent illogiques, je me sens comme dans un bad trip à la marijuana, je sombre dans le sommeil et me réveille, la vue trouble, les pensées affolées. Je tente de me raisonner, rien n'y fait, je vais dans la douche pour me calmer. Je ne peux pas dormir, j'ai peur de sentir mes idées devenir folles, j'attend que le soleil se lève, la lumière toujours allumée.

Les jours se suivent, et se ressemblent, nous sommes mardi.

Je téléphone à mon médecin pour le tenir au courant de la nouvelle posologie que je suis censée suivre et qui ne me rassure pas, il me conseille de suivre le taux de 0.25 pour la journée et 0.5 mg pour la nuit.

Nous sortons avec ma mère, nous allons voir mon frère, encore une fois à Mc Do (décidément, les us et coutumes varient au sein d'une même famille), nous allons chez mon frère, je vomis... La nuit approche, et comme tous les soirs je suis épuisée, nauséeuse à cause des antidépresseurs, et affaiblie par ma non-alimentation.

Nous rentrons, je me couche, en prenant mon Xanax, je me réveille à nouveau, les pensées toutes aussi troubles que la veille à cause des médicaments, j'ai à nouveau peur, je retourne dans la douche, et j'attend à nouveau que le soleil se lève.

Le mercredi se passe, chez ma grand-mère, je m'endors sur le canapé, durant 2 heures. Je suis à bout. J'ai rendez-vous le lendemain chez le psychiatre, ça n'est qu'une question d'heures maintenant.

J'ai mal au dos, une douleur qui me suit déjà depuis plusieurs jour, et qui doit sans doute contribuer à me réveiller la nuit. Je pense à une sciatique à cause des piqûres intramusculaires et des spasmes. Je boîte en fonction des jours et des heures, j'ai un muscle qui roule dans le bas du dos, et je sens mon genoux gauche comme anesthésié.

De toutes manières, j'ai mal partout, j'angoisse pour tout, de toutes manières mon cerveau a décidé que j'allais mourir, donc qu'importe le flacon pourvu qu'il y est l'ivresse.

Je m'endors, encore réveillé, moins troublée car j'ai réduis de moi même les anxyolitiques qui ne me rassurent pas et troublent ma conscience. Je retourne à la douche durant une heure, et miracle m'endors avant le levé du soleil.

Jeudi midi, mon frère nous invite à déjeuner à Pizza Hut (oui, décidément, la junk food est assez appréciée par ma mère et mon frère, je ne partage pas leur goût mais qu'importe), le "restaurant" est bondé, bruyant, je sors, profitant d'un appel de ma grand-mère, pour sortir de ce temple de la mal-bouffe. Ca va un peu mieux.

Nous déposons mon frère et prenons le chemin de Paris, j'ai un demi-Xanax dans le sang, je crains de faire une crise sur le chemin, réitérant l'histoire de dimanche soir. Mais non, les embouteillages n'ont pas effets sur moi, je m'attriste de voir ce paysage urbain si vide de végétation, sous le ciel gris et pluvieux de la capitale, mais je tiens.

Nous nous garons sans problème, miracle? Et j'attend patiemment l'heure du rendez-vous avec ma mère au café.

16H00 il est l'heure, je pénètre dans l'immeuble, et dans le cabinet, un homme attend, je stress, ne sommes nous pas censés ne pas croiser les autres patients dans les cabinets des psychiatres? L'angoisse croit au fur et à mesure que l'attente se prolonge. Puis vient mon tour.

C'est un vieux monsieur, calme, avec des baskets brillantes (un détail marquant). Il me fait prendre place dans un fauteuil de cuir vert capitonné, et il s'assoit en face de moi, à une bonne distance.

Il me demande de lui raconter ce qui m'arrive, je lui fais le résumé de mes maux depuis un an, en abrégé, lui parle de mes traitements, et d'un coup d'un seul, il me répond, "Mademoiselle vous n'êtes pas dépressive, vous êtes angoissée, arrêtez les antidépresseurs c'est de la cochonnerie!". Heu, d'accord Doc, s'il n'y a que ça pour vous faire plaisir, ça me fait plaisir aussi.

Je ressors, un peu sur un petit nuage, heureuse de m'être entendu dire que je n'étais pas dépressive, que les médicaments qui me font si peur doivent partir à la benne, et que je ne dois prendre du Xanax qu'en cas de réel besoin. J'ai un sourire idiot qui se dessine sur mon visage, je ne passerais pas par la case droguée pour me soigner!

Rédigé par Venus Velvet

Publié dans #Spasmophilie et trouble panique

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