Spasmophobie et trouble panique (partie 1)

Publié le 12 Mai 2014

Il y a quelques temps, je vous parlais de la découverte de ma spasmophilie, aujourd'hui, j'en sais un peu plus.

Oui, je sais pertinemment qu'il n'est pas bon de faire ses recherches soit-même sur le net, de vadrouiller sur Doctissimo, sur les écrits de médecins pour les étudiants en médecine, et autres sites informatifs sur la santé. Je le sais, et je me soigne, mais, je suis incapable de rester dans le flou et de ne pas savoir. Mon besoin de connaissances me perdra sans doute un jour.

Depuis plus d'un an donc, j'étais sujette aux vertiges, aux malaises, à la déréalisation, j'étais mal, cela venait pour quelques jours, quelques semaines, puis, doucement cela repartait sans que je ne puisse faire grand chose. Je ne savais pas ce que j'avais, je ne comprenais pas, les médecins non plus. J'étais en permanence éreintée, victime de phobies de plus en plus invalidantes. Mais, jusqu'à il y a peu, j'étais pour les docs et pour moi même un mystère. Pourtant, la spasmophilie n'est pas quelque chose de rare, bien au contraire, elle toucherait un très grand nombre de personnes en France et dans les pays industrialisés, touchant principalement les femmes jeunes.

Il y a un mois, j'ai eu mal aux poumons en me levant le matin, comme ça, sans raison, la peur a grandi et elle s'est transformée en réelle terreur, la peur d'avoir trop fumé dans le passé, de rejoindre mes ancêtres six pieds sous terre, pour une histoire de clopes. J'ai eu peur, très peur. Et puis, un soir, j'ai fait une crise, comme ça, sans prévenir, des picotements sont venus me transpercer le cerveau, comme des décharges électriques, la nuque, mon coeur s'est mis à battre la chamade, alors que j'étais tranquillement sur le point de m'endormir, je me suis levée en sursaut, terrorisée, peur de mourir dans l'instant, de perdre l'esprit, je me lève et je tremble. Nous déduisons que c'est une crise de tétanie.

La semaine suivante, je réitère la crise, je vais voir mon doc, qui me prescrit du Xanax, un comprimé de 0.25 mg, à prendre avant de me coucher et des gélules de magnésium.

J'ai mal partout, dans le dos, dans la poitrine, dans les poumons, je ne mange plus, je perd du poids plus rapidement qu'avec n'importe quel super régime d'Hollywood, mon estomac est gonflé, je dors mal et peu, je suis fatiguée, très fatiguée, j'ai des migraines.

Une semaine plus tard, je me couche, j'ai toujours peur de ce que peut être ce mal qui me ronge, je n'arrive pas à croire que cela ne peut être que de la spasmophilie, tout ne peut pas être que dans mon cerveau, mes symptômes sont bien réels, je ne les inventent pas, j'ai vraiment mes gênes, mes douleurs, mes malaises, j'ai peur. Je deviens, ou plutôt je poursuis ma hantise hypocondriaque, et m'imagine atteinte d'un oedème pulmonaire, ou que sais-je encore. Je me sens seule, plutôt incomprise, même si cela n'est qu'une sensation. J'empêche mon copain de dormir, je suis terrifiée nuit et jour, et je passe mon temps sur le net à la recherche de ces maux qui me hantent. Je suis atteinte de tout, c'est certain, mon médecin est incompétent et je vais crever, sans qu'il ne se soit penché sur la question.

Je me couche donc, je suis dans un état de terreur permanent. Je tente de m'endormir, et à chaque début d'endormissement, je me réveille en sueur, le coeur prêt à exploser dans ma poitrine, je suis fatiguée, j'ai besoin de ce sommeil réparateur, et il ne veut pas venir.

Je retourne voir mon médecin accompagnée de ma mère, les transports et les sorties seule m'angoissent profondément. Le doc est gêné, il ne sait plus trop quoi faire pour moi, il voit que je ne vais pas bien. Il me prescrit des antidépresseurs, malgré sa réticence. Des antidépresseurs agissant sur la sérotonine, une hormone du cerveau qui joue sur le stress et l'anxiété.

Ma mère est rassurée, moi, pas! Je lis la posologie, le papier fait la longueur de mon bras, recto-verso, les effets secondaires sont ultra-nombreux et pas forcément rassurant pour la plupart, des troubles urinaires en passant par l'anorgasmie, des convulsions à la prise de poids, aux troubles du sommeil, mais aussi à la possible augmentation des troubles suicidaires et de l'auto ou exo agressivité. Bref, rien de rassurant, je m'inquiète encore plus. J'attend le lendemain pour prendre ce comprimé qui m'angoisse tant.

Je ne suis pas du tout rassurée, je suis en période d'hypocondrie plutôt avancée et on me refile des médicaments qui ne fonctionnent qu'au bout de deux semaines, et qui risquent d'aggraver mes symptômes. J'ai peur!

La nuit même, je me réveille en sursaut, mes yeux ne répondent plus, je vois flou, j'ai le coeur qui n'en fait qu'à sa tête, ma tête qui semble être perdue, j'ai des spasmes, des contractions musculaires, cette fois, je demande à mon copain d'appeler SOS Médecin, j'ai toujours peur d'un oedème pulmonaire avec mes douleurs intercostales et ma gêne respiratoire, sans compter sur le fait que je suis (ex)fumeuse, mais m'enquillant une dose de nicotine extrême avec la cigarette électronique jumelée à la pilule (2ème génération, c'est déjà une bonne chose).

La crise dure, elle ne passe pas rapidement comme les fois précédentes, je continue d'avoir peur, je sens que mon esprit est en train de partir pour les grandes affaires, et que je vais mourir sur mon canapé, en plein milieu de la nuit. Mes muscles refusent de se calmer et continuent leur petit jeu de contraction, les décharges électriques poursuivent leur job elles aussi.

Le médecin arrive, la crise est un peu calmée, son arrivée me rassure, mais mes muscles ne se calment pas.

Je lui dis que j'ai peur, peur de tout, d'un oedème, et du reste.

Il prend ma tension: 12.8 (semblerait-il que cela soit ok), il me fait un électrocardiogramme, parfait lui aussi.

Il me propose une piqûre de Valium, je connais le nom (que je confond toujours avec Lithium, merci Kurt!), je me dis qu'après tout si ça peut me faire dormir, why not.

J'ai des piercings, un paquet, et pourtant, la douleur de la piqûre intramusculaire, et bien je ne le referais pas avec plaisir, même si il semblerait que plus que l'aiguille c'est le produit s'infiltrant dans mes muscles qui est le plus douloureux.

Il repart, j'ai mal à la fesse, mais je me sens... sur un petit nuage. Je me pose sur l'épaule de mon copain, et commence à discuter de tout et de rien, de manière sans doute assez peu logique, qu'importe. Une idée me vient, une idée, que je n'aurais sans doute jamais eu dans un état normal: aller à la maison de campagne de ma famille pour me reposer. Au bout de deux heures, je tente de me coucher, il fait jour. Après quelques sursauts d'adrénaline, je m'endors.

Spasmophobie et trouble panique (partie 1)

Rédigé par Venus Velvet

Publié dans #Spasmophilie et trouble panique

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EKM 02/10/2014 14:38

Je lis ton message et je ne sais trop bien de quoi tu parles...
Tout a commencé pour moi alors que j'étais au lycée, j'ai eu un très mauvais mois, poignet cassé, plusieurs bronchites, grippes etc... pendant 3 semaines j'ai tout enchaîné, et je suppose que j'étais vraiment très très faible mais rien de grave... On était au mois de février, puis je retourne tranquillement en cours au lycée, et là, le matin à 08h, à peine assise je commence à avoir des bouffées de chaleur, tremblements, sueurs froides, maux de ventres, vue qui se trouble....
J'ai eu ça presque tout les matins pendant plusieurs moi, je devais sortir de classe pour me calmer, et j'avais peur du regard des autres qui se demandaient ce qui m'arrivaient...
C'est devenu un supplice d'aller en cours, parce que j'avais peur de me sentir mal, a peur me faisant stresser, et déclenchant les crises : cercle vicieux !

Ca a duré plusieurs mois avec la hantise du BAC et de faire une crise pendant les épreuves. j'en étais arrivée à un point où je n'osais même plus sortir en famille de peur de déclencher des crises dans des lieux publics, où le seul moyen de me calmer était de me mettre à l'écart aux toilettes par exemple où il n'y avait personne pour respirer un peu et me passer de l'eau sur le visage.
C'est vraiment horrible ce genre de choses, car on se rend compte à quel point la vie est belle lorsqu'on a une bonne santé, qu'on ne lutte pas juste pour rester en classe, et surtout que notre handicap est psychologique !
J'ai fais plein de test pour savoir d'où cela pouvait venir surtout ces maux de ventres atroces qui se déclenchent dès que je stressais et au final, juste le stress.

J'ai même hésité à poursuivre mes études et à faire le métier que je voulais, puis j'ai décidé de me faire violence et me mettre moi même en situation qui je le savais me "mettrait en danger" et déclencherait ces crises.. Petit à petit, j'ai appris à gérer et avec l'auto persuasion, me dire que c'est psychologique et que c'est moi qui contrôle mon corps, j'arrive à beaucoup mieux gérer ces crises.
J'ai toujours des petites appréhension quand je vais me promener avec des gens, même en couple, mais je me dis que les gens peuvent comprendre si je m'absente quelques minutes, le temps de me calmer, j'ai moins peur du regard des autres, et j'en suis arrivée à faire le métier que je voulais tant.
voilà voilà, bon courage à toi, et n'hésites pas à me contacter en mp !
A bientôt.

Venus Velvet 07/10/2014 17:38

Hello,
je suis désolée de ne pas avoir répondu plus tôt à ton commentaire.
Penses-tu que ta spasmophilie s'est déclenchée en réaction avec tes troubles médicaux, en d'autres d'autres, que ton corps à force d'avoir été "maltraité" t'as fait comprendre qu'il fallait mettre le hola?

Oui, je sais parfaitement aussi à quel point cela est handicapant, et surtout à quel point cela est incompréhensible pour les proches et même pour le corps médical, nous semblons plus être des malades fantômes qu'autre chose.
Ce que je reproche le plus aux médecins est de juste dire "c'est le stress", sans expliquer le pourquoi du comment, car de savoir que c'est le stress et donc psychologique (mais aussi nerveux), ne fait que renforcer la sensation que nous sommes des malades imaginaires et ainsi nous donner encore plus de difficultés à sortir de ce cercle vicieux.

As-tu pris des traitements médicamenteux, ou bien t'es tu suffis d'un travail sur toi même?
Quel âge as-tu aujourd'hui?

Je me dis que je devrais faire un nouvel article sur le spamophilie, car pour moi les choses ont beaucoup évolué depuis le mois de mai, période à laquelle j'ai rédigé cette série d'articles (une bonne partie des symptômes les plus abominables étaient en effet dû aux antidépresseurs que l'on m'avait donné).

Je te remercie pour ton message en tout cas, j'espère que tout va pour le mieux aujourd'hui

XXX
Venus