Spasmophobie et trouble panique (Partie 3)

Publié le 12 Mai 2014

Je suis fatiguée, et vais me coucher, assise sur la chaise, je m'endors, réveillée immédiatement par des montées d'adrénaline qui me font sursauter.

Je vais au lit. Je connais cette chambre, c'est la mienne, j'y ai passé de nombreuses nuits lorsque j'étais petite, les murs et la literie sont vert d'eau et blanc, c'est un environnement qui est censé me rassurer.

La lumière à peine éteinte et mon adorable veilleuse Ikea allumée, je sens la panique qui me gagne, les murs semblent bouger, les points colorés envahissent mon champs visuel, je ne tiens pas, je sors de la chambre en précipitation.

Je reste quelques instants accroupie dans le couloir dans la lumière. Que m'arrive t'il? Je n'ai jamais aimé dormir dans le noir complet (à comprendre les volets fermés, mais je n'ai pas peur du noir). Je retourne dans la chambre bien décidé à m'endormir. Peine perdue, je regarde par la fenêtre, allongée sur le lit, et je vois les carreaux qui semblent bouger, les flashs lumineux qui reviennent. J'ai trop peur. La nausée est arrivée, je fuis de la chambre à nouveau et vais vomir.

Spasmophobie et trouble panique (Partie 3)

Je réclame que mon homme laisse la lampe allumée pour dormir, heureusement cela ne l'empêche pas de s'endormir.

Je me suis réveillée une bonne dizaine de fois durant la nuit, l'impression de ne pas avoir dormi au réveil. A chaque fois que j'ouvrais les yeux, je sentais mon abdomen et mes jambes qui convulsaient, mes yeux voyaient flous, et je fixais le pierrot de porcelaine qui me faisait face sur le mur. Les reliques de mon enfance. J'ai maudit ce pierrot durant tout mon séjour à la campagne. Il était le croque-mitaine, la créature qui hante mes nuits sans sommeil, qui me rappelle que je ne dors pas.

La journée suivante fût sans doute mieux que la nuit, je m'allongeais sur la terrasse au soleil, dans le chant des oiseaux, le ciel bleu au dessus de ma tête. Je me sentais bien, du moins mieux.

Mon copain doit rentrer sur Paris, la campagne l'angoisse, comme moi habituellement. Nous allons le déposer à Gisors pour prendre le train, train qui nous passe sous le nez.

Pour faire passer le temps, nous nous réfugions dans le Mc Do du coin, lieu bien peu habituel pour mon copain et moi. Nous sommes en terrasse, il fait beau, j'ai des sortes d'auras devant les yeux, je suis éreintée. Je ne finis pas mon sundae, j'ai la nausée (les antidépresseurs ont pour certains cet effet).

Mon copain prend son train, je n'ai pas été séparé de lui pour la nuit depuis près de 4 ans, mais, je suis dans un tel état, que je n'y pense pas tant que cela.

Ma mère et moi prenons le chemin du supermarché, je sais que cela va être difficile pour moi, mais il n'y a plus rien dans le frigo, et il faut que je passe outre cette peur.

Je me contient, je suis un peu vertigineuse, je fuis le rayon frais avec ses bourdonnements et ses lumières blanchâtres et gênante.

Le soir, je me couche, avec l'appréhension de nouvelles crises, je laisse la lumière allumée, je me réveille régulièrement et je vois le jour qui se lève progressivement. A 6h30, je prend mes cigarettes, m'installe sur le rebord de la fenêtre de la cuisine et fume, je n'ai qu'une envie me coucher sur l'herbe humide de rosée, et m'endormir en extérieur, hors de ces murs.

Je retourne au lit, je ne sais pas pourquoi, le jour est levé, je m'endors sereine.

Je me réveille un peu plus en forme que la veille, j'ai mal dormi, mais la nuit fût moins ponctuée de vision floue de pierrot me regardant fixement.

Je me met au maximum sur la terrasse au soleil, mes yeux voient toujours une espèce de nuée lumineuse au centre de mon champs de vision, je suis fatiguée, mes yeux me le font savoir.

Je prend mon courage à deux mains et accompagne ma mère à la jardinerie, j'ai envie de plantes pour le rebord de mes fenêtres parisiennes.

Il fait chaud, je sens une oppression dans ma poitrine, je marche d'un pas mal assuré, j'ai l'arrière du genoux qui me tire.

J'achète les plantes, tente de profiter un peu de toutes ces couleurs, et de toutes ces senteurs.

Au bout d'un moment, nous devons partir malgré tout.

Nous rentrons pour préparer notre départ, ma mère doit rentrer pour recommencer le travail le lendemain. Peu avant de partir, je sens comme une gêne dans mon oesophage, je n'y prête pas attention, depuis quelques semaines de RGO me brûlent de l'intérieur à cause du stress, et le peu de nourriture que j'avale à du mal à passer.

Nous montons en voiture, je sais que je vais quitter les champs, nos voisines les vaches et les moutons pour retourner à Paris, dans mon appartement où les seules vues de mes fenêtres sont le mur de brique des immeubles d'en face.

La gêne continue dans ma gorge, et dans mon oesophage, je la sens croître au fur et à mesure que nous avançons sur l'autoroute.

Arrivées à mi-chemin, vers Cergy, la crise se déclare réellement, ma mère doit trouver une aire d'autoroute sur le champs.

Je sors de la voiture, tremblante, ayant besoin d'air, j'appelle mon copain pour le prévenir que je ne pourrais pas rentrer ce soir, et qu'au final, je vais rester chez ma mère, au moins pour cette nuit,en banlieue.

Rédigé par Venus Velvet

Publié dans #Spasmophilie et trouble panique

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