Bad girls are more fun Part.1

Publié le 25 Octobre 2014

J'écris face à une incompréhension, j'écris sachant que malgré les lignes et les mots, je sortirais de ce débat face à moi même sans plus de réponse que je n'en ai pour le moment.

Bad girls are more fun Part.1

Si je me penche un peu sur ma génération sur les gens de mon âge, je ne peux constater qu'une chose: je me sens en décalage.

Je ne bois pas d'alcool, je ne prend pas de drogues (ne parlons pas des médicaments, je parle des drogues dites "festives"), pas même un joint.

Au cours de mon adolescence, j'ai testé, bien peu j'en conviens: un premier joint à 12 ou 13 ans, alors que je séchais une permanence avant le cours de latin (oui, voyez bien le paradoxe), un joint, qui je dois l'avouer ne m'avait fait aucun effet.

Nous étions dans la petite maison au coin de la rue du collège, là où l'une des élèves de 4ème ou peut être était-ce de 3ème, je ne sais plus, vivait.

Ambiance hippie, les joints tournaient beaucoup chez elle, nous sommes toutes les deux avec Andréa, qui elle est en 6ème. Nous rentrons par la fenêtre, la fille n'est pas en bas, mais une copine nous fait rentrer, la "proprio" est en haut, avec son copain, pas de doute avec les rires qui éclatent sur chacunes des marches de ce qu'ils font là-haut.

Nous restons en bas, sur les canapés, les pochettes de CD sortis, les feuilles qui sont éparpillées un peu partout, les mégots qui remplissent le cendrier, les cartons qui se roulent, le stick que l'on chauffe et que l'on effrite...

Je tente, quelques lattes pas plus. Le goût est différent de la clope, plus âcre, plus âpre, l'odeur aussi, j'ai déjà senti cette odeur, mais je ne l'ai jamais goûté.

Je n'ai aucun effet, je suis déçue... Je me demande où est l'intérêt...

Oui, j'adore les films sur l'adolescence, et beaucoup celui-ci: Thirteen.

Oui, j'adore les films sur l'adolescence, et beaucoup celui-ci: Thirteen.

Je continue ma vie, continuant les conneries, les erreurs de jeunesse.

L'alcool avec la grande soeur de celle qui sera ma meilleure amie durant plus d'une décennie par la suite. Nous avons 13 et 14 ans. Elle arrive le matin parfois le midi saoûle en cours, elle boit après avoir quitté l'appartement familial.

Elle se scarifie, s'écrit sur le corps, dessine roses aux longues épines mêlées de pentagrammes. Elle commence à s'intéresser de près à la sorcellerie et au mouvement gothique. Je la suis, des plus curieuses. Nous n'avons pas le droit, mais nous allons à Paris dès que le temps nous le permet, nous fraudons le RER, nous séchons les cours, nous n'avons pas d'argent et nous faisons la manche aux Champs-Elysées pour nous payer clopes et Mc Do. A nous deux: 300 francs en deux heures, l'équivalent de 45 euros.

Nous faisons de mauvaises rencontres qui la traumatiseront, et rompra définitivement notre amitié.

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Plus tard, dans les jardins du château de Maisons-Laffitte, peut être un ou deux ans plus tard, je réitère l'expérience (oui, en effet, je fume avec classe), erreur, grossière erreur, avec mes deux copines et un pote que nous connaissons depuis quelques temps, je vire par toutes les couleurs de l'arc-en-ciel, je suis mal, sans pouvoir réellement expliquer ce que je ressens réellement.

Ma mère de ma meilleure amie vient nous chercher, elle me raccompagne chez moi, elle sait ce que j'ai, mais fait mine de rien, se veut rassurante.

Je n'apprécie pas du tout cette nouvelle expérience.

Je poursuis encore et toujours mon parcours d'adolescente en quête d'erreurs. J'ai alors sans doute dans les 14 ans, peut être 15.

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Le temps défile, je change de fréquentations, ma meilleure amie part vivre loin, de l'autre côté de la Méditerranée, elle me manque.

Je rencontre un garçon, pas bien intelligent, mais gentil, je reste peu de temps avec lui, mais il propose à nouveau de tenter les joints, mais je me souviens de mon expérience, je ne veux pas réitérer.

Je le quitte, vis à nouveau ma vie. Je pars vivre quelques temps chez ma mère, puis je reviens à Maisons-Laffitte, je rencontre de nouvelles personnes, des gros fumeurs.

Je commence à détester ce truc, cette odeur qui colle à la peau, qui me donne la nausée.

Je sors avec l'un d'eux, et le largue lorsque j'apprend qu'il n'a pas tenu sa promesse que d'arrêter les joints.

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Et puis, un soir, déprimé, je vais le voir avec d'autres amis, démoralisée, je ne passe pas mon tour, et je tire quelques lattes.

Je sens alors des petites bulles qui montent pour s'exploser à l'intérieur de mon cerveau, je n'ai jamais senti cela.

Je commence à me sentir lourde, les choses ne sont plus ce qu'elles sont, je n'arrive plus à suivre les conversations. Nous rentrons dans la maison.

Nous asseyons dans la cuisine, et je vois la pendule, l'heure ne passe pas normalement, les minutes paraissent des heures, les heures des secondes, je n'ai plus de notions du temps.

Je tente à nouveau de comprendre les discussions, mais dès que je me concentre sur les paroles de l'un d'eux, je me sens aspirée dans un trou noir, il m'absorbe me tire en arrière et je dois abandonner toute concentration.

Les effets durent et durent encore, j'ai la sensation que cela ne passera jamais, je suis là, mais je ne suis pas là en même temps. Je suis incapable de me concentrer et j'ai peur que les effets ne partent jamais, dans un coin encore logique de mon cerveau je prie pour sortir de cet état de transe.

Je ne l'ai appris qu'à mes dépends ces dernières années (sans prise d'aucune substance), mais j'étais dans une phase de déréalisation. Je n'avais pas le contrôle sur mes pensées, mes faits et gestes étaient difficilement contrôlable et l'angoisse devait accentuer encore plus ces effets.

Je suis rentrée chez moi, directement dans ma chambre pour me coucher, avant cela sans comprendre le pourquoi du comment, j'ouvre l'un de mes bouquins de maths, les lignes déjà bien peu compréhensibles pour moi à la base, semblaient danser devant mes yeux, se mêler les unes avec les autres, s'entremêler, elles se moquent de moi.

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Je pars en cours le lendemain matin, les effets sont légers mais sont toujours présents. De même pour le matin suivant.

Je ne sais pas si je suis réellement très fortement sensible au cannabis ou bien si mon état d'angoisse qui a toujours été présent a accentué les effets et m'a donné la sensation que ceux-ci ne partiraient jamais.

Par la suite, je me trouvais deux fois dans des états de déréalisation/dépersonnalisation éphémères mais surtout liés à rien, sortant du néant, avec des mois sans avoir bu d'alcool ou tenté à nouveau les bédots. Un sentiment étrange de ne plus savoir où l'on est, de ne plus savoir qui l'on est. La sensation durant quelques minutes d'être folle à lié.

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Comme je suis sans doute un mélange entre la stupidité et l'entêtement, alors que je fréquentais de nouvelles personnes encore, je retentais l'expérience à nouveau.

Ces nouveaux amis, fumaient sans doute encore plus que les autres, l'un d'eux étaient à moitié mexicain, et ramenait régulièrement des graines directement de là-bas et les faisait pousser chez lui, enfin chez sa mère. Ce qui lui valu d'ailleurs une arrestation avec perquisition chez lui et tout le tintouin. Bref, les familles aisées de Maisons-Laffitte, la petite bourgeoisie qui se dévergonde (je ne fais pas partie de cette classe sociale, une bonne partie de mes amis de l'époque oui, malgré les look rock et teufeurs clairement affichés).

Nous étions donc tous les trois dans la cabane au fond du jardin, où nous avions dormi avec un de mes potes, et le "Mexicain" vient nous voir le matin, avec quelques pains au chocolat dans les mains et un joint joliment roulé. Le matin, alors que la brume entourait encore les arbres, et que la rosée n'avait pas encore séchée.

Je ne sais pas pourquoi, je tirais, et toussais, peu habituée à ce genre de choses, et pour être honnête, là, c'est le trou noir... Aucun souvenir de mon retour matinal jusqu'à chez moi... A pied certes, mais c'est à peu près tout ce dont je me souviens. Aucun souvenir d'avoir dit au revoir, aucun souvenir de rien... Juste rien.

Bad girls are more fun Part.1

Rédigé par Venus Velvet

Publié dans #Vie

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