Interview LexY Sweet Entropia: "L’important c’est de se respecter au maximum."

Publié le 25 Novembre 2014

Voici la suite de mon petit projet d'interviews pour montrer l'autre côté de l'activité de modèle, je suis toujours intéressée pour avoir le maximum de témoignages, si cela vous intéresse, je vous propose de suivre ce lien pour en savoir plus et me contacter.

Bonne lecture

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VenusXIII

Bonjour Astha Cover, pourrais-tu te présenter ?

Bonjour Venus,

J’utilise le pseudo d’Astha Cover car mes activités de modèle sont peu compatibles avec mon activité professionnelle.

J’ai 37 ans, je suis maman depuis peu et je travaille dans l’insertion professionnelle. Je croise donc beaucoup de monde tout au long de l’année.

Je suis modèle depuis 2010 et j’ai été rédactrice du blog d’un photographe pendant quelques mois. Photographe pour lequel j’ai rédigé des articles et des scénarios en fonctions des thèmes abordés. Je suis en pose de cette activité depuis plusieurs mois, pour diverses raisons.

Quel a été le cheminement qui t'a mené à devenir modèle et quel a été ton parcours dans ce domaine (freelance, agence, amateur, pro,...) ?

Je suis devenue modèle un peu par hasard, en 2010. En fait, suite à une déception sentimentale. C’est un peu bête, mais un ami photographe m’avait proposé de faire des photos de feu (à l’époque je pratiquais la jonglerie enflammée) histoire de me remonter le moral.

Interview LexY Sweet Entropia: "L’important c’est de se respecter au maximum."

J’y ai pris goût et du coup j’ai commencé à rencontrer des photographes amateurs dans ma région (Région Centre) et sur Paris.

J’ai toujours été modèle amateur, pour moi c’est une activité de loisirs, ce qui n’empêche pas de mettre en place des projets concrets et sérieux.

Quelles étaient tes limites lorsque tu as débuté dans ce milieu (lingerie, topless, nu,...) et ont-elles changé au fil du temps ? Si oui, pourquoi ?

J’ai toujours eu une mauvaise image de mon corps, j’ai donc très peu posé nue. Et puis, ayant commencé tard dans ce milieu, je suis toujours partie du principe qu’il y a des demoiselles plus jeunes et plus jolies qui se prêtent mieux que moi aux poses dénudées.

J’ai commencé avec des photos de ma pratique en jonglerie enflammée, et puis progressivement je suis allée vers des choses plus sensuelles et plus décalées aussi.

J’ai donc posée en lingerie. Mais le shooting durant lequel j’ai été le moins couverte n’était pas du tout un shooting glamour. Je me suis retrouvée recouverte aux endroits stratégiques par des bandelettes de tissus et des bandages médicaux dans un studio de tatouage.

Ce fut un excellent souvenir.

Interview LexY Sweet Entropia: "L’important c’est de se respecter au maximum."

La seule fois où j’ai posé topless, mes mains recouvraient ma poitrine. Le photographe m’a ensuite imposé une tenue en résille qui clairement ne cachait pas grand-chose et j’ai refusé de poser suite à son insistance. J’ai très mal vécu cette séance avec ce photographe qui a été très insistant et peu prévenant face à ma pudeur.

J'imagine à la vue de ma propre expérience, et de l'époque dans laquelle nous vivons que tu devais avoir des books onlines. Par quel média te contactait-on le plus souvent ?

La plupart des contacts se sont fait via Facebook.

Travaillais-tu de manière rémunérée ou en « Poses contre photo ? »

Toujours photos contre poses.

En ce qui concerne tes shootings, te présentais-tu seule, accompagnée, etc ?

Seule la plupart du temps hormis pour les shootings faits chez moi, mon compagnon était présent.

As-tu déjà reçu des propositions dérangeantes, dégradantes ou avilissantes lors de ces premiers échanges avec les photographes ?

Rarement lors des premiers échanges, c’est plus le fait de me pousser à poser nue et d’essayer de me forcer la main qui a été pénible avec certains.

Ce qui a été dégradant concerne plus les commentaires de certaines personnes concernant une photo en particulier.

Interview LexY Sweet Entropia: "L’important c’est de se respecter au maximum."

Cette photo m’a valu de me faire traiter de pute plusieurs fois. Mais bon, ce n’est pas ce qui a été le plus dérangeant.

Ce qui a été difficile à gérer ce sont les personnalités des photographes, amateurs ou pro. Clairement, plusieurs ont été assez pénibles et se sont montrés jaloux. Il a donc fallu que je mette un terme à plusieurs collaborations.

C’est vrai qu’entre ceux qui m’ont fait des crises de jalousie, ceux qui veulent absolument te faire poser à poil, sans même t’avoir rencontré au moins une fois, ceux qui ne te rendent pas les photos et ceux qui t’utilisent comme faire valoir… j’ai fini par décider de faire une pause dans ce petit monde.

Pourrais-tu me décrire un « shooting-type » pour avoir une idée un peu plus précise de ton activité ?

Je n’ai pas vraiment de shooting type car j’aime faire des choses assez différentes

T'es-tu déjà retrouvée dans une situation qui t'a mise mal à l'aise, où tu t'es sentie en danger ou bien as-tu réellement vécue une expérience traumatisante lors de ton parcours ?

Oui clairement sur le shooting en costumes «Liaisons Dangereuses ». J’y suis allée avec une amie modèle. Le photographe a été odieux, il a essayé de nous mettre en concurrence, nous a poussé à aller vers ce que nous ne voulions pas faire et est devenu très moqueur quand nous avons refusé.

Nous sommes rentrées très déconcertées et mal à l’aise.

Pourquoi as-tu décidé de poursuivre/ d'arrêter la photographie ?

J’ai décidé de faire une pause car j’ai vraiment été calmée par l’attitude de certains photographes.

La dernière expérience en date a été celle avec le photographe pour lequel je rédigeais des articles.

Je me suis déplacée pour un shooting et en fait il voulait plusieurs personnes pour faire de la figuration. Tu te déplaces (plusieurs centaines de km), investis dans ta tenue, prends du temps, pour trois fois rien.

Par la suite il m’a demandé de venir poser, mais uniquement si c’était nue, ce que j’ai refusé et m’a demandé de rédiger des articles signés par une autre personne. J’ai dit Stop !

Que je ne corresponde pas à ce qu’il recherche en tant que modèle parce que je refuse de poser les jambes écartées, je peux comprendre, chacun son trip, mais se faire exploiter sur la rédaction de projets scénarisés pour que quelqu’un d’autre en profite, là, j’ai vu rouge.

Ta vision du monde de la photographie de modèle a t'elle évolué depuis que tu le fréquentes de l'intérieur ?

Oui, mais pas en bien. Certes, j’ai rencontré des gens talentueux et avec de vraies valeurs. Mais j’ai aussi rencontré des gens malsains et conflictuels. Or, pour moi cette activité reste avant tout un loisir. Je n’ai jamais eu la prétention d’en faire une activité rémunératrice et je ne coure après la reconnaissance et la gloire. La course aux Likes sur Facebook, très peu pour moi.

Cette expérience comme modèle a t elle eu une incidence sur ta vie quotidienne ?

Le point positif est que cela m’a permis de prendre confiance en moi.

Selon toi, comment sont perçues les modèles photo que cela soit par le public en général, par les photographes et même par les proches et la famille ?

Je dirais que pour le public en général les modèles peuvent être considérées comme étant exactement ce qu’elles projettent comme image.

C’est une confusion assez fréquente. Ce n’est pas parce que tu poses nue, en lingerie, de façon suggestive que tu es une fille facile pour ne pas dire une grosse salope comme le pensent certains.

En fait, les gens ne voient pas le côté « actrice » dans le modèle d’où la confusion entre la personne et l’image produite. C’est dommage.

Enfin, quels sont les conseils que tu aimerais donner aux demoiselles qui décident de se lancer dans cette activité ?

De faire confiance à leur feeling, si elles ne le sentent pas, il ne faut pas y aller. Et surtout, savoir dire NON si ce n’est pas ok. L’important c’est de se respecter au maximum.

Rédigé par Venus Velvet

Publié dans #Interviews

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