Interview Nahis Von Rosen : "Je suis parfois considérée simplement comme une chose"

Publié le 27 Novembre 2014

Voici la suite de mon petit projet d'interviews pour montrer l'autre côté de l'activité de modèle, je suis toujours intéressée pour avoir le maximum de témoignages, si cela vous intéresse, je vous propose de suivre ce lien pour en savoir plus et me contacter.

Bonne lecture

XXX

VenusXIII

Petit projet d'interviews - Les vaticinations de Vénus

http://venuskitchen.over-blog.com/2014/10/petit-projet-d-interview.html

Bonjour, Nahis Von Rosen , pourrais tu te présenter ?

Bonjour, j’ai 21 ans , je suis étudiante infirmière, aide soignante pour financer mes études et je modèle alternatif.

Quel a été le cheminement qui t'a mené à devenir modèle et quel a été ton parcours dans ce domaine (freelance, agence, amateur, pro,...) ?

La première fois que j’ai posé pour un photographe c’était lors d’un événement en 2012 (rassemblement gothique) , j’étais en admiration devant une de mes amies (Dark Scissor) qui était magnifique et posait super bien et on m’a donné ma chance , ça n’a pas été tout de suite une révélation, j’avais des bagues et une multitude de complexes , un an après l’idée avait mûrie et sans mes bagues j’ai voulu retenter l’expérience, au départ j’ai fais des shooting en présence de Dark Scissor en «coach» ou en duo et Charlotte B. - ΔΣΦ photography derrière l’objectif, mes deux meilleures amies qui m’ont beaucoup aidés à prendre confiance en moi. Ensuite j’ai créé ma page facebook et j’ai commencé à contacter quelques photographes. Je suis aujourd’hui toujours modèle amateur car le statut freelance a été supprimé il y a quelques mois, je n’ai donc pas pu aboutir dans cette démarche. J’ai réalisé une soixantaine de shooting avec plus de trente photographes différents au cours des deux dernières années.

Quelles étaient tes limites lorsque tu as débuté dans ce milieu (lingerie, topless, nu,...) et ont-elles changé au fil du temps ? Si oui, pourquoi ?

Lorsque j’ai commencé je m’étais fixé des règles comme ne jamais aller seule à un shooting lorsque je ne connais pas le photographe, ne pas faire de photos nippless, ne pas faire de nu et jamais de lingerie en premier shoot. Aujourd’hui je ne suis pas systématiquement accompagnée à mes shooting car c’est chronophage pour l’accompagnant (et je fais en moyenne 2 à 4 shooting par mois) j’ai aussi plus de caractère, je saurais dire non voir partir d’un shooting si cela ne se passait pas comme convenu. Je fais maintenant du topless et du nu tout simplement parce que certains de mes complexes ont disparu ainsi qu’une partie de ma pudeur. Cependant je ne souhaite toujours pas faire de nu érotique ni voir apparaitre mes parties intimes.

J'imagine à la vue de ma propre expérience, et de l'époque dans laquelle nous vivons que tu devais avoir des books onlines. Par quel média te contactait-on le plus souvent ?

Principalement Facebook

Travaillais-tu de manière rémunérée ou en « Poses contre photo ? »

Je travaille principalement en «pose contre photo», c’est une passion pour moi mais j’aimerais devenir pro ce qui est compliqué maintenant, seules les agences peuvent nous permettre de travailler sans être payé « au black »

Interview Nahis Von Rosen : "Je suis parfois considérée simplement comme une chose"

En ce qui concerne tes shootings, te présentais-tu seule, accompagnée, etc ?

Au début accompagnée, maintenant j’y vais seule mais je suis toujours sur mes gardes, on ne sait jamais sur qui on peut tomber lors d’une nouvelle collaboration.

As-tu déjà reçu des propositions dérangeantes, dégradantes ou avilissantes lors de ces premiers échanges avec les photographes ?

Par message privé et commentaire facebook oui mais jamais lors d’un shooting ‘je touche du bois pour que ça continu ainsi’.

Pourrais-tu me décrire un « shooting-type » pour avoir une idée un peu plus précise de ton activité ?

En général , je discute avec le photographe via messagerie privée, on discute de ce que l’on va faire (thème, stylisme, lieu …), une fois que tout cela est défini, on essaye de caler une date pour réaliser le shooting, le jour J cela dépend vraiment du photographe mais j’aime pouvoir voir les photos sur le boitier régulièrement pour observer l’évolution du shooting et proposer des poses et expressions différentes.

T'es-tu déjà retrouvée dans une situation qui t'a mise mal à l'aise, où tu t'es sentie en danger ou bien as-tu réellement vécue une expérience traumatisante lors de ton parcours ?

Je n’ai pas vécu de situations traumatisantes mais simplement des situations qui m’ont découragées. Je suis parfois considérée simplement comme une chose, une fois que j’ai posé je n’ai plus mon mot à dire sur ce qui se passe ensuite, je l’accepterais mieux si c’était un travail et que je devais répondre à des attentes en contrepartie d’une rémunération mais je fais exclusivement des collaborations, j’investi du temps et de l’argent dans mes shooting, j’estime que j’ai le droit d’avoir quelque chose à la fin qui me plaise (cela ne concerne pas divers projets artistiques auxquels je participe bénévolement).

Pourquoi as-tu décidé de poursuivre/ d'arrêter la photographie ?

Je continue car c’est malgré tout mon moteur et mon échappatoire. Ça me permet de m’exprimer et pour l’instant les bonnes, voire très bonnes rencontres reste majoritaires.

Interview Nahis Von Rosen : "Je suis parfois considérée simplement comme une chose"

Ta vision du monde de la photographie de modèle a t'elle évolué depuis que tu le fréquentes de l'intérieur ?

Je suis plus exigeante avec moi-même et je vois mon corps différemment, plus comme un outil ou un support selon mon moral c’est parfois positif et parfois négatif. Je ne pourrais pas faire QUE le métier de modèle c’est bien plus dur moralement que ce que j’imaginais au départ, j’ai besoin d’exercer un métier qui soit plus dans la réflexion pour compléter ça. J’apprécie pouvoir me rendre au travail sans me soucier de mon apparence (sans être ni maquillée, sans réfléchir à ma tenue,…). Pour l’instant, j’ai trouvé une sorte d’équilibre.

Cette expérience comme modèle a t'elle eu une incidence sur ta vie quotidienne ?

Mon activité a engendré beaucoup de jalousie de la part de certains proches et également de l’incompréhension (notamment par rapport au nu artistique et à la lingerie trop souvent vulgarisés). Il y a des jours où c’est très dur d’entendre toutes les rumeurs ou insultes qui peuvent être colportées, dans ces cas là, je parcours ma page facebook et tous les commentaires postés sous mes photos me remotivent.

Selon toi, comment sont perçues les modèles photo que cela soit par le public en général, par les photographes et même par les proches et la famille ?

Je pense que les modèles sont perçues comme des personnes narcissiques ce qui n’est pas systématiquement le cas. Les gens idéalisent beaucoup le corps des modèles car forcément dans les shooting on ne garde que le meilleur, (les poses sont exagérées pour accentuer les courbes féminines sans compter le recours aux logiciels de retouches) ou à l’inverse dénigre tout le travail « car c’est bien connu photoshop fait tout ». Une autre partie voit les modèles comme des femmes qui s’assument ce qui est bien plus positif et encourageant. Quant aux photographes soit l’on est un être à part entière qui participe à un projet soit l’objet autour duquel il travaille.

Enfin, quels sont les conseils que tu aimerais donner aux demoiselles qui décident de se lancer dans cette activité ?

Vis-à-vis des photographes toujours rester méfiante, on ne sait jamais sur qui on peut tomber !

Plus globalement restez vous-même, n’essayer pas d’imiter une autre modèle , chercher plutôt à montrer qui vous êtes , votre univers…

Et pour finir restez humble et ne mentez pas sur votre expérience ! ce n’est pas en présentant trois selfies en mini jupe devant un miroir que vous êtes modèle pro et qu’il faut vous payer 150€ de l’heure (chaque chose en son temps !) de cette manière vous risquez surtout d’attirer des « faux-tographes » qui vous mèneraient vers toutes sortes de combines louches.

Interview Nahis Von Rosen : "Je suis parfois considérée simplement comme une chose"

Rédigé par Venus Velvet

Publié dans #Interviews

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