Interview Aleneva Sîrfalas: " C'est une sorte de thérapie pour moi"

Publié le 5 Décembre 2014

Voici la suite de mon petit projet d'interviews pour montrer l'autre côté de l'activité de modèle, je suis toujours intéressée pour avoir le maximum de témoignages, si cela vous intéresse, je vous propose de suivre ce lien pour en savoir plus et me contacter.

Bonne lecture

XXX

VenusXIII

Petit projet d'interviews - Les vaticinations de Vénus

http://venuskitchen.over-blog.com/2014/10/petit-projet-d-interview.html

Bonjour Aleneva Sîrfalas, pourrais-tu te présenter ?

Bonjour, j'ai 22 ans, je suis actuellement à la recherche d'un emploi et je suis modèle alternatif.

Quel a été le cheminement qui t'a mené à devenir modèle et quel a été ton parcours dans ce domaine (freelance, agence, amateur, pro,...) ?

Comme certaines femmes j'ai du mal à m'accepter telle que je suis et j'ai une passion pour la photographie depuis que je suis petite. Alors je me suis dit pourquoi ne pas essayer de passer de l'autre côté de l'objectif pour voir ce que ça fait? Et ma réflexion est tombeé pile poil au moment où CH Photography - Mélanie C recherchait une modèle. Vivant dans la même région elle et moi c'était plus facile pour nous. Bien sûr j'ai mis un certain temps avant de la contacter pour cause de timidité et puis un jour j'ai pris mon courage à deux mains et je lui est envoyé un message. Le courant est tout de suite passé entre nous. Et c'est ça qui m'as plu. Notre première séance photo s'est déroulée comme nous le voulions et le thème nous plaisait autant à l'une qu'à l'autre. J'ai vraiment adoré faire ça avec elle, elle m'a toute de suite mis à l'aise. Et puis quand on a vu le résultat on a continué sur notre lancée. On a fait plusieurs shootings ensemble. Ce que j'aime chez elle c'est qu'elle me pousse au-delà de mes limites. Avec ma grande timidité je ne me voyais jamais poser devant des passants et au final j'ai réussi à le faire grâce à elle. Elle m'a beaucoup apporté et je ne l'en remercierais jamais assez. C'est grâce à elle que j'ai continué. Je suis encore amateur mais ça me convient très bien, je ne souhaite pas devenir pro.

Quelles étaient tes limites lorsque tu as débuté dans ce milieu (lingerie, topless, nu,...) et ont-elles changé au fil du temps ? Si oui, pourquoi ? (Si c'est le cas : Pourquoi as-tu accepté de faire du nu ? Quelle était ta motivation pour te dévoiler face à l'objectif, au photographe mais aussi à la vue du public en général?)

Au début je n'acceptais rien de tout ça. Je n'étais pas assez en paix avec mon corps pour oser faire ce genre de photos et puis je ne m'y voyais absolument pas. Et puis plus le temps passait plus j'y réfléchissais et à l'heure actuelle essayer une séance lingerie ne me dérangerait pas, au contraire je suis plus à l'aise avec mon corps maintenant. Tant que cela ne va pas dans le vulgaire et que le photographe me met assez en confiance. Car je pense que ce n'est pas un thème que l'on fait avec le premier photographe venu. Il vaut mieux parler longuement avec le photographe et se sentir prête le moment venu plutôt que faire ça à la va-vite et ne pas se sentir à l'aise. Pour ce qui est du topless ou du nu j'essayerais peut-être un jour mais rien n'est encore sûr.

Interview Aleneva Sîrfalas: " C'est une sorte de thérapie pour moi"

J'imagine à la vue de ma propre expérience, et de l'époque dans laquelle nous vivons que tu devais avoir des books onlines. Par quel média te contactait-on le plus souvent ?

Facebook la plupart du temps.

Travaillais-tu de manière rémunérée ou en « Poses contre photo ? »

Je n'ai jamais demandé de rémunération pour des shootings, je suis plus une adepte des

collaborations entre le modèle et le photographe donc en poses contre photos.

En ce qui concerne tes shootings, te présentais-tu seule, accompagnée, etc ?

Mes tout premiers shootings j'y allais seule car je n'avais personne pour m'y accompagner. Et depuis que j'ai mon copain avec moi il m'accompagne à chaque shootings. D'un côté sa présence me rassure.

Interview Aleneva Sîrfalas: " C'est une sorte de thérapie pour moi"

As-tu déjà reçu des propositions dérangeantes, dégradantes ou avilissantes lors de ces premiers échanges avec les photographes ?

Oui, d'un "faux-tographe" en particulier. Pour lui je n'étais qu'un vulgaire bout de viande. Il m'avait contacter sur mon compte Facebook après avoir vu ma page. Il m'as clairement dit qu'il voulait connaître mon tour de poitrine, ce que j'ai bien évidemment refusé de dire. Je considère que ça ne regarde personne d'autres que moi. Bien sûr mon copain as finit par s'en mêler pour prendre ma défense. Et à partir de là tout as dérapé. Ce faux-tographe ne me lâchait pas une seule seconde pour que je pose nue pour lui jusqu'à me proposer de sortir avec lui. Il ne me voyait que comme "une nana avec des énormes seins". Il as finit par me proposer de le rejoindre chez lui pendant quinze jours pour "s'occuper de mon cas". Et c'était comme ça à chaque message qu'il m'envoyait. Les derniers ont été les pires. Il disait clairement qu'il voulait mettre sa langue au fond de ma gorge et bien d'autres choses... Il as finit par me faire tellement peur que j'en suis venue à quitter les réseaux sociaux pour une longue période. Pendant toute cette période d'absence je n'étais qu'un zombie chez moi me battant contre ma peur et mes crises d'angoisses à répétitions.

Pourrais-tu me décrire un « shooting-type » pour avoir une idée un peu plus précise de ton activité ?

La plupart du temps tout se passe en messagerie privée avec le photographe. On discute du projet que nous pourrions mettre en scène et qui, bien sûr, nous plairait autant à l'un qu'à l'autre. On discute de l'endroit où le shooting va se faire, de la tenue, du maquillage... Le jour venu, selon où se passe le shooting, on se retrouve sur place ou avant et nous y allons ensemble. Souvent je suis déjà habillé avec la tenue convenue par message car les endroits pour se changer se font assez rare. Sauf dans le cas de deux shoots où je me suis changer sur place car la tenue m'était prêter ou inapproprié pour les transports. Je n'ai jamais travaillé avec une maquilleuse et une coiffeuse, la plupart du temps c'est la photographe ou moi-même qui le faisons. Viens enfin le moment de poser, moment que j'attends toujours impatiemment avec une pointe de stress. Le photographe me donne parfois quelques conseils pour les poses que je prends bien sûr en compte. A la fin de la séance j'aime bien pouvoir voir ce que ça donne sur l'appareil, ce que les photographes n'acceptent pas toujours. Une fois le shoot vraiment fini je rentre chez moi en attendant impatiemment de voir le résultat des photos. Je ne choisie jamais celles que le photographe garde ou non. La plupart du temps je n'ai pas mon mot à dire. Je ne vois le résultat que quand le photographe m'envoie les photos retouchées. Et parfois c'est la surprise mêlée à la déception de voir qu'il n'en as garder que 5/6 sur les 40 ou 50 photos de faites.

T'es-tu déjà retrouvée dans une situation qui t'a mise mal à l'aise, où tu t'es sentie en danger ou bien as-tu réellement vécue une expérience traumatisante lors de ton parcours ?

Non cela ne m'est encore jamais arrivé et j'espère que cela ne m'arriveras jamais. Pendant un shooting je reste toujours sur mes gardes malgré tout, on ne sait jamais ce qu'il peut se passer.

Interview Aleneva Sîrfalas: " C'est une sorte de thérapie pour moi"

Pourquoi as-tu décidé de poursuivre/ d'arrêter la photographie ?

Parce que la photographie est avant tout une passion pour moi depuis que je suis enfant. Et puis elle me permet aussi de mieux m'accepter telle que je suis. C'est une sorte de thérapie pour moi. C'est aussi parce que sur une photo on se voit différemment que dans la vraie vie. On ne voit pas nos défauts. Et puis je dirais que chaque photographe à l'art d'embellir une modèle.

Ta vision du monde de la photographie de modèle a t'elle évolué depuis que tu le fréquentes de l'intérieur ?

Oui, je me suis rendu compte que c'était parfois un monde impitoyable. Et que certains modèles ou photographes n'hésitait pas à cracher sur les autres pour mieux réussir.

Cette expérience comme modèle a t'elle eu une incidence sur ta vie quotidienne ?

Pas tant que ça si ce n'est que parfois je dois organiser mon emploi du temps autour de ça.

Interview Aleneva Sîrfalas: " C'est une sorte de thérapie pour moi"

Selon toi, comment sont perçues les modèles photo que cela soit par le public en général, par les photographes et même par les proches et la famille ?

Nous sommes parfois considérées comme des vulgaires choses qui ne servent à rien, ou bien comme des gens narcissiques qui ne pensent qu'à leur image. Même si c'est le cas pour certaines, ça ne l'est pas pour toutes et heureusement. Parfois les photographes oublient que nous sommes aussi humaines et nous considèrent juste comme des poupées qu'ils peuvent manipuler à leur guise. Pour ma part ma mère as très bien réagi et me soutient dès qu'elle peut. Mon père n'est pas au courant car il n'approuverait peut-être pas. Je sais que certaines modèles ont une famille qui ne supportent pas ce monde car pour eux ça ne sert à rien mais dans ce cas aucunes passions ne sert à quelque chose. Car le but premier d'une passion c'est de se sentir libre de la faire vivre.

Enfin, quels sont les conseils que tu aimerais donner aux demoiselles qui décident de se lancer dans cette activité ?

De faire très attention à elles et de ne pas aller poser pour le premier photographe venu. Surtout que par les temps qui courent ils existent plus de faux-tographes que de vrai photographes. Je pense qu'avant de se lancer dans un projet il faut s'y sentir prête. Alors mesdemoiselles prenez-le temps qu'il vous faut avant de vous lancer là-dedans et surtout regardez bien le travail du photographe qui vous propose un projet. Si vous ne vous sentez pas en confiance avec lui n'acceptez pas. Ca ne servirais qu'à vous faire vous sentir mal et ce n'est pas le but.

Interview Aleneva Sîrfalas: " C'est une sorte de thérapie pour moi"

Rédigé par Venus Velvet

Publié dans #Interviews

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