Mon syndrome de Don Quichotte

Publié le 28 Décembre 2014

Je pense être atteinte du syndrome du combat contre les moulins à vent, fille spirituelle de Don Quichotte donc.

Souvent j'écris, je pense, je m'insurge, j'enrage, je m'enflamme, je rumine et fulmine.

Je hais l'humain, non pas au cas par cas, mais dans sa globalité, je n'ai en aucun cas confiance dans les foules.

J'ai mes combats, ceux qui me tiennent à coeur, ceux pour lequel j'élève souvent ma voix, du moins ma plume virtuelle.

Ce sont des combats qui ne sortent pas de nul part, on peut difficilement s'engager dans des guerres contre des choses pour lesquelles nous ne sommes en rien concernés.

Nous nous engageons dans des batailles car quelque chose nous y rattache: nos passés, nos présents, nos vies en général, lorsque cela touche à notre sexe, notre classe socio-culturelle, nos proches parfois, nos religions, nos sexualités ou nos idéaux politiques.

Il est difficile de partir au combat la fleur au fusil sans aucun lien direct avec ce que l'on souhaite annihiler, il est difficile sinon de faire preuve d'empathie, de comprendre les tenants et les aboutissants de cette chose que l'on souhaite détruire.

Mon syndrome de Don Quichotte

Je me bat, en raison de mon passé, sur les violences faites aux femmes, vous pouvez traduire cela par féminisme, pour les enfants (même si ces derniers me font peur, je vois en eux, une innocence que je depuis trop longtemps perdue, une proie potentielle, beaucoup de notions contradictoires, qui font qu'au final je les fuis au maximum), pour les hommes aussi même si je précise assez rarement cela.

Je souhaite me battre pour ceux qui souffrent, des violences physiques, psychologiques et sexuelles, ceux dont la vie est brisée, avec ou sans cicatrices visibles. Ceux qui ne peuvent se défendre, ceux qui ont été dévasté, ceux qui le sont en ce moment même et ceux qui le seront.

Mon syndrome de Don Quichotte

Je sais que mon combat, seule, derrière mon écran est pathétique, mais que puis-je faire d'autre si ce n'est écrire?

J'écris pour libérer mes propres démons, mes propres souffrances dans l'espoir peut être utopique que ces écrits auront peut être une incidence sur quelques uns, même sur une seule et unique personne.

Que cette personne trouvera peut être dans mes mots et mes maux, la force de changer les choses, de ne plus suivre la voie qui la blesse, de sortir de l'enfer qu'elle vit peut être.

Mon syndrome de Don Quichotte

Je sais que c'est un combat intime, un combat qui ne touche pas forcément tout le monde, que mes radotages permanent sur les violences en ont lassé plus d'un, mais qu'importe.

Je ressens un besoin puissant, de ne pas rester les bras croisés, de mettre un visage sur des souffrances, peut être de déclencher des débats, au moins dans la tête du lecteur.

Je combat des moulins à vent, car seule ma voix, muette, derrière un clavier, n'aura jamais la capacité à modifier la face du monde, à éradiquer la violence et la souffrance qui nous détruit et nous ruine chaque jour un peu plus.

Mon syndrome de Don Quichotte

Je me sens comme une djihadiste, prête à prendre les armes, pour mon combat, pour ma guerre, pour mes idéaux, qui ne sont en rien les mêmes qu'eux: la religion n'a aucune prise sur moi, et qu'en raison de mes convictions nombre d'entre eux seraient plus mes cibles que mes comparses.

Je suis un être désenchanté, je n'ai pas d'espoir dans la race humaine, je ne crois pas en la possibilité d'un monde meilleur, parfait et lumineux, loin des monstres humains, freaks psychopathiques, je ne crois pas que les viols, les meurtres, les tortures et autres abominations prendront fin un jour, à moins que l'on ne force chaque être humain sur cette planète à subir cette opération (parfaitement faisable, mais éthiquement impossible à imposer) où en "éteignant" une zone particulière du cerveau, la violence est éradiquée. Pourquoi éthiquement impossible? C'est simple, à la suite de ces opérations, les "cobayes" se trouvaient alors dans l'incapacité de se défendre.

Je ne sais plus hélas où j'avais lu cela, un article très intéressant, si quelqu'un me retrouve la source, je serais preneuse, pour mettre ici le lien.

Mon syndrome de Don Quichotte

Je ne pense pas que l'Homme soit un jour capable de tuer ses propres démons, qu'importe notre niveau de civilisation, qu'importe, notre intelligence (n'oublions pas que nombre de tueurs et de violeurs en série, ont un QI dépassant largement la moyenne générale).

Mais qu'importe, qu'importe que ce combat soit perdu d'avance, qu'importe si mes mots n'ont que peu d'incidence, si au moins ceux-ci peuvent ne donner qu'une infime étincelle dans le cerveau de quelques uns.

Je n'ai jamais oublié cette phrase, qui doit être compris autrement qu'avec le sens politique d'origine (je suis et resterais apolitique):

"Los libertadores no existen. Son los pueblos quienes se liberan a si mismos."

"Les libérateurs n'existent pas. Seul le peuple peut se libérer lui-même."

Rédigé par Venus Velvet

Publié dans #Divagations

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