Pedophilia, Partie 2, Le Châtiment

Publié le 2 Décembre 2014

Je pense que cet article sera en trois partie, le premier est le Crime, celui-ci le Châtiment, et la troisième partie, qui n'est et ne sera qu'une ébauche, sera l'Après.

C'est article est long, je parle du cheminement, de la plainte au châtiment, des épreuves à passer pour en arriver là.

Vous pouvez trouver la première partie ici, elle traite de pédophilie, de mon passé de victime, je n'y parle pas de choses de manière crue, ne vous inquiétez pas, il n'y a rien de choquant (dans la forme du moins), elle est mon témoignage d'une vie volée, d'années de peur, d'années de silence et de souffrance.

J'ai donc été sexuellement abusée durant de très longues années par mon voisin, entre mes 4 à 6 ans (je n'ai pas conscience du début), jusqu'à mes 13 ans. J'ai souffert de la peur, j'ai souffert de ces (ses) actes, j'ai souffert de m'obligée à rester cloîtrée dans ce qu'on m'exigeait.

En 2005, j'avais alors 18 ans, 19 ans le 2 juillet, j'avais déjà parlé de cette épreuve à d'autres, des pairs: des jeunes de mon âge, des amis en qui j'avais confiance, mais je m'étais tue face aux adultes, face à a famille, ils n'en savaient rien, j'avais gardé la face durant toutes ces années.

Je m'apercevais que le fait d'en parler me donnait en quelques sorte un courage que je n'avais pas encore eu jusqu'alors.

Je me souviens de la première fois que j'en ai parlé: j'étais chez l'une de mes amies colombienne, chez qui je passais une grande partie de mon temps, je devais être en 4ème.

Nous étions dans sa chambre, dans une grande maison, chose habituelle à Maisons-Laffitte, la ville où j'ai grandi.

La maison était sur 2 étage si l'on excepte le rez-de-chaussée, et l'étage au sommet était uniquement occupée par mon amie, les deux autres pièces étaient réservées aux membres de la famille qui étaient parfois logés là lors de leur long séjour.

Une anecdote amusante: famille colombienne donc très catholique, la famille de mon amie avait durant quelques temps hébergée un oncle et un cousin, le premier étant prêtre, le second en voie de le devenir, et régulièrement, dans le bas du bas, ils tenaient une mini messe, pour les deux parents de mon amie.

Bref, à cette époque, j'étais très proche d'elle et nous étions souvent ensemble, nous avions fait les 400 coups et j'avais confiance en elle.

Nous étions dans sa chambre, et je lui ai dit que j'avais besoin de lui parler de quelque chose, de grave, d'important, et tout est sorti d'un coup, un flot de paroles. Je n'ai pas le souvenir de larmes, d'effondrement, ou ce genre de choses habituelles que l'on associe généralement à ce type de confessions intimes. Je ne me souviens plus non plus de sa réaction, quoi qu'il en soit, elle est la première à qui je me suis ouverte.

Pedophilia, Partie 2, Le Châtiment

Le serpent était enfin libéré de sa cage, il voulait aller librement, j'allais le laisser vivre sa vie...

Les années ont passé, j'en parlais parfois, à certains, à d'autres non...

Je n'ai pas eu de contact avec mon père depuis de longues années, et j'avais appris (après de longues années là encore), qu'il était malade, un cancer de la gorge, j'avais donc commencé à entretenir avec lui une relation épistolaire, l'écrit ayant toujours été mon meilleur moyen de communication, et j'apprendrais plus tard, que de toutes manières, la conversation était devenue impossible d'une autre manière.

Je me souviens d'une nuit chaude de printemps, dans le jardin de mon copain de l'époque, assise, rédigeant cette lettre, un brouillon, et je me suis sentie obligée de lui narrer cette histoire. Je la fis lire à mon ami, et d'un commun accord, nous décidions que la manière était mal choisie, et qu'il était plus intelligent de se censurer... Ce que je fis, mon père est mort quelques mois plus tard, sans le savoir, mon grand-père est mort sans le savoir, et honnêtement, c'est une bonne chose. Pourquoi les faire souffrir inutilement? La question de l'honneur ne rentre heureusement pas en compte dans nos sociétés, mais il est évident, que cela les aurait fait souffrir inutilement... Parfois le silence est d'or, même dans cette situation, mais pas pour les raisons que l'on invoque habituellement...

J'étais donc majeure, je n'avais encore parlé de cela à aucun adulte, mais je sentais que j'étais prête...

J'avais besoin de faire mon passeport et de renouveler ma carte d'identité, je me rendais donc à la mairie de Maisons-Laffitte pour cela.

En sortant, en face, je vis le commissariat, juste en face, quelques dizaines de pas tout au plus.

Je m'avançais vers lui, je prenais mon courage à deux mains, comme ça sur un coup de tête et après peut être quelques instants d'hésitation, je franchis le seuil.

A l'époque, si mes souvenirs sont exacts, j'avais les cheveux noirs, plus de piercings qu'actuellement et surtout un pantalon rose fluo, une petite goth de l'époque...

Sans doute moi à l'époque, je n'ai pas beaucoup changé en près de 10 ans... et ce jour là, j'avais un look très soft :)

Sans doute moi à l'époque, je n'ai pas beaucoup changé en près de 10 ans... et ce jour là, j'avais un look très soft :)

Quoi qu'il en soit, je m'arrêtais devant la femme de l'accueil et prononçais les mots fatidiques "Bonjour, je souhaiterais porter plainte pour abus sexuels".

Les mots étaient dits, je ne pouvais plus revenir en arrière.

Elle me demanda de m'assoeir sur la rangée de siège en face d'elle, me disant qu'on allait venir me chercher pour déposer ma plainte.

Je n'étais rentrée qu'une fois dans ce commissariat quelques temps plus tôt, pour récupérer mon sac que j'avais perdu en forêt lors d'un feu illégal et nocturne avec des amis, par chance quelqu'un l'avait récupéré, et on ne m'accusa de rien (pourtant il y avait des choses à nous reprocher cette nuit là... mais c'est un autre sujet, mes conneries de jeunesse ne sont pas le sujet).

J'attendais, assise, pas très sûre de moi, mais sachant que je ne pouvais plus partir désormais, et que les dés étaient lancés.

On vint me chercher, je montais à l'étage entouré de plusieurs hommes en uniforme.

Nous nous assîmes à un bureau, il n'y avait que des hommes, je serais incapable de dire le nombre, vu que dans mes souvenirs, certains vinrent puis d'autres partirent durant l'audition. Je dirais entre 3 et 5, et aucune femme de présente. J'étais là, je devais déballer toute ma vie dans sa moindre intimité, ces traumatismes béants, devant les pairs de celui qui m'avait fait subir tout cela.

Je n'étais pas à l'aise.

Pedophilia, Partie 2, Le Châtiment

J'étais assise, la fenêtre à gauche, un ou deux hommes en face de moi, ainsi qu'à mes côtés.

On me demanda de raconter, me coupant régulièrement pour me demander plus de détails, je racontais.

On me demanda pourquoi je souhaitais porter plainte, je n'étais pas stupide, je savais que je ne pouvais me permettre de répondre la vengeance, car même si c'est ce sentiment qui avant toute chose m'avait fait franchir cette porte, je savais qu'eux ne l'entendraient pas de la même oreille, je dû alors mentir sans mentir.

Je parlais que cet homme était marié (ou en concubinage) avec une femme-enfant, non pas par l'âge mais de par le caractère soumis et l'apparence, je savais pertinemment ce que cela signifiait du moins en criminologie, que cela renvoie très souvent à un couple où l'homme cherche l'enfant qu'il désire au travers d'une femme qui en vêtit l'apparence, une femme soumise qui fermerait les yeux consciemment ou non sur les actes de son compagnon, ou qui parfois même prendrait part à ses fantasmes pervers, parfois même ce dernier fait volontairement des enfants à cette femme dans l'idée d'en abuser par la suite (mais je ne voulais pas leur étaler mes connaissances, sachant que cela ne pèserait pas en ma faveur, loin de là), je leur parlait qu'elle était directrice d'une école maternelle et que je ne voulais pas que cela arrive à d'autres enfants mais que cela pouvait être le cas, vu que ce dernier s'y rendait régulièrement.

Je vis qu'ils prirent cela déjà plus au sérieux, il me demandèrent si j'avais des preuves. Putain, des preuves! Bordel, j'ai 18 ans, est-ce à moi de faire votre putain d'enquête? Est-ce à moi de me prendre pour John Douglas (célèbre profiler)?

Je leur parlais de ma voisine dans les mêmes âges au moment des faits, qui avait déménagé dans les environs, je n'avais aucune certitude qu'il lui était arrivé quoi que ça soit, mais cela pouvait être une piste, il ne fallait pas l'oublier.

Je donne ses nom et prénom, et immédiatement, devant moi ils téléphonent, il tombe sur sa mère, puis sur elle.

Sans y aller par quatre chemins, juste en lui disant que j'étais là en train de porter plainte pour abus sexuels, ils lui demandent si cette dernière à subit des attouchements par X, lorsqu'elle vivait dans ma résidence. Elle répondit "non".

Honnêtement, il est plus que stupide de penser qu'une jeune femme, si elle a réellement vécu des traumatismes et n'est pas allée porter plainte, va avouer comme ça à l'autre bout du fil que "oui, bien sûr X m'a abusé, bon, je retourne à mes jeux vidéo. Salut!".

La psychologie n'était pas leur fort, mais il semblaient avoir un malin plaisir à me mettre face à cette non-confession de M.

Combien de fois durant cet entretien qui semble avoir duré des heures, ai-je entendu "C'est votre parole contre la sienne", "Cela n'aboutira à rien" et autres conneries semblables.

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Aucune compassion ne sortait de leur bouche, je n'étais à leurs yeux qu'une gamine qui devait fumer des joints dans leur dos, raté: je ne prend pas de drogues: je ne la supporte pas, sinon, sans doute aurais-je eu des bonnes raisons que de me droguer pour oublier.

Il n'avait pas confiance en moi, il n'avait aucune confiance dans mes dires, ils s'acharnaient à me répéter que la plainte n'aboutirait pas, que cela ne servait à rien. Avec le recul, je pense à deux choses: que j'aurais du porter plainte, sous je ne sais quel motif vis à vis d'eux, car il est plus qu'anormal de faire preuve d'aussi peu d'empathie, que ce genre de choses est inadmissible, répugnant, et arrête bien des victimes à parler de leur cas tant le jugement qui est émis à ce moment, par cette bande de ploucs décérébrés est puissant et avilissant. Je me sentais violée une seconde fois (j'utilise le terme viol ici, de manière consciente, vous en saurez plus après).

Je pense aussi à tous ces articles que je lis, sur les femmes violées et abusées, là en tête me vient l'idée de l'Inde et des fonctionnaires qui achètent le silence des femmes violées, avec de l'argent cliquant et cliquetant.

Pedophilia, Partie 2, Le Châtiment

J'avais donc du parler en détail de ce qui m'était arrivé, dans les moindres détails, ces choses qui vous font frissonner rien que d'y penser, ces choses qui font mal, qui ont du mal à sortir, tant le fait de les prononcer vous répugnent et vous replonge inlassablement dans les horreurs du passé.

Tout devait être dit: les faits: clairs et précis, les tenues que je portais, les paroles qu'il m'avait dit, j'omettais certains détails trop humiliants à mon goût, le nombre de fois (chose que j'étais incapable de répondre), la première fois (il en était de même).

Je racontais, et l'homme en face de moi tapait sur un clavier, une machine à écrire? non, je ne pense pas, mais je me souviens du bruit des touches qui claquaient, sautaient, s'en donnaient à coeur joie...

Et là... après les descriptions, l'un d'eux me dit: mais ça n'est pas des attouchements sexuels, c'est des viols...

Voici la définition officielle du viol: Ainsi, dans le droit français, le viol est une agression sexuelleimpliquant, selon l'article 222-23 du Code pénal, « tout acte de pénétration sexuelle, de quelque nature qu'il soit, commis sur la personne d'autrui par violence, contrainte, menace ou surprise ».

Je me sentais m'effondrer, je gardais la face, tentant de justifier que pour moi cela n'était pas un viol: pas de pénis, donc pas un viol...

Je connaissais pourtant cette définition, je savais ce qu'elle impliquait, mais je ne m'étais jamais sentie capable de définir les choses de cette manière...

Ce fût un véritable choc, de voir les choses sous cet angle, réellement mon monde s'écroulait. Pourtant, les faits n'avaient pas changé, mais les mots avaient eu une incidence si profondes, que je me sentais encore plus mal que d'avoir dû répondre à leurs questions et aux tentatives d'intimidation auxquelles ils jouaient depuis le début.

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On me donna le procès verbal (je pense que c'est le terme, j'ai un doute) à lire, pour vérifier qu'il n'y avait pas d'erreurs, il y en avait, je leur demandais de les corriger... Les mots ici écrits sur ces simples feuillets de papier étaient étranges, il racontait mon histoire, mon vécu sans aucune humanité, sans aucune décence, pas de belles phrases pour enrober un peu, pas de mot avec une esthétique, rien...

Des papelards de fonctionnaires sans une once d'humanité...

Je les haïssais, je me sentais souillée.

J'avais durant tout l'interrogatoire (car au final c'est réellement cette impression que je garde), eu la sensation d'être la coupable, d'être celle à mettre au pilori, à clouer sur la croix, j'étais non pas une victime, mais une méchante petite goth malfaisante qui voulait briser la vie d'un homme, comme ça sans raison. Leurs questions avaient été claires dans ce sens: "Lui en voulez-vous pour une quelconque raison?" "Vous êtes vous disputée avec lui?" et autre...

Je n'étais pas une victime car je n'avais pas pleuré, car je n'étais pas venue en sang, le visage maculé de foutre, à moitié agonisant sur le plancher du commissariat. Je n'étais pas un stéréotype vivant, pas de trémolo dans la voix, pas de crise d'hystérie, je n'avais pas le profil, à l'inverse, mes piercings et mon excentricité ne pouvaient qu'être synonyme de délinquante...

Je suis sortie de là, l'une des dernières phrases que j'ai entendu est: "On fera suivre le dossier, mais ne vous attendez pas à grand chose"...

Je mourais d'envie de foutre une putain de bombe dans ce putain de commissariat, foutre en l'air tous ces connards misogynes et sans âme, ces cowboys de pacotille qui étaient tranquilles à faire des rondes dans les rues si dangereuses de cette chère Maisons-Laffitte.

Je ne sais plus comment se sont produits les choses par la suite... Je sais juste que mon dossier a tout de même été pris en compte, et a été confié à la Brigade de Protection des Mineurs, de Saint Germain en Laye.

J'eu un rendez-vous.

Je découvrais une femme, jeune, douce, à mille lieux de ces connards sans empathie auxquels j'avais été confronté au préalable.

Nous étions dans son bureau, remplit de dessins d'enfants qui avaient dû vivre la même chose que moi, voire sans doute bien pire.

J'étais majeure mais les faits s'étant déroulés avant cela, c'est donc ce service qui me pris en charge.

Nous avions fermé la porte du bureau, je devais être nerveuse, et cela devait se voir.

Je voyais, un peu dissimulé, sur son bureau, un coquillage qui avait fait office de cendrier, elle dû remarquer ce regard et cette odeur tenace de tabac qui m'imprégnait, et me proposa d'ouvrir la fenêtre pour que nous puissions fumer.

J'étais à l'aise avec elle.

Je recommençais mon histoire à zéro, répondais à ses questions, j'étais bien, je n'étais pas "violentée" comme cela avait été le cas quelques temps plus tôt dans le commissariat de ma ville.

Elle me mettait en confiance.

Je me sentais enfin prise au sérieux, je n'étais plus dénigrée, je n'étais plus une délinquante en puissance, mais bien une victime, et je méritais donc une once d'humanité.

Je ne la remercierais jamais assez d'avoir été là, d'avoir réussi à me faire poursuivre mes démarches, cette libération.

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Nous avons parlé, elle m'a expliqué le cheminement, que je devais avant toute chose aller voir un pédopsychiatre, un spécialiste qui devait confirmer mes dires.

J'acceptais sans ciller.

Je me souviens de ce jour, ma mère était enfin au courant, je ne sais plus comment, qu'importe. Il faisait un temps de chien, le ciel gris anthracite, des trombes d'eau tombant du ciel.

Elle était alors étudiante en Psycho à la Faculté de Nanterre et s'était orientée vers les enfants, ceux atteints d'autisme et de problèmes cognitifs. Elle avait donc lu beaucoup d'écrits rédigés par des spécialistes.

C'est elle qui me conduisit chez ce médecin, expert auprès des tribunaux et des enfants.

Ma mère était contente, car elle avait lu ses écrits et estimait qu'il était compétent en la matière.

Je pénétrais dans le bâtiment, attendit un peu dans la salle d'attente avant de monter à l'étage dans le bureau du doc.

Il était assis à son bureau, moi sur un fauteuil en face de lui à quelques mètres.

Je commençais à répéter encore une nouvelle fois les mêmes choses que j'avais déjà dites tant de fois auparavant.

Le téléphone sonnait inlassablement, sans arrêt, il répondait, me coupait, sans cesse.

Le rendez-vous ne fût pas long, mais les appels étaient incessants.

Je sortais de là furieuse, avec l'impression de ne pas avoir été écouté, la sensation que j'étais moins importante et mon histoire encore plus, que ces maudits coups de fil...

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J'eu de nouveau rendez-vous avec la femme de la Brigade, ainsi qu'un de ces collègues, loin d'être du même acabit que ses collègues masculins de Maisons-Laffitte. Le psychiatre avait validé mes dires comme n'étant pas de l'affabulation.

Et là, vint la question fatidique:

"Es-tu d'accord pour faire une confrontation?" (elle me tutoyait, moi aussi je crois).

La question chargée d'une horreur indicible, la peur qui monte, j'imagine la scène, emplie d'horreur, de terreur: le face à face avec lui.

Elle m'explique que c'est évidemment très difficile, mais qu'hélas il n'y a pas le choix, que les choses doivent se passer ainsi.

Elle ne me menace pas, mais m'explique en gros que sans ce passage, le dossier ne pourra poursuivre...

J'ai peur, réellement peur, peur de me retrouver face à lui, qu'il use de mensonges, qu'il me déstabilise, qu'il me fasse perdre pieds, connaissant parfaitement ses méthodes de manipulation.

Je ne sais plus si j'accepte sur le moment ou bien si nous nous contactons plus tard pour confirmer la chose.

Quoi qu'il en soit la machine est lancée, je ne peux revenir en arrière, je suis terrifiée, sans autre terme possible, mais je dois aller au bout.

Mes allers chez mes grand-parents sont encore plus angoissantes, je me cache avec encore plus de fougue qu'auparavant, je tremble à l'idée de le croiser, je tremble en me disant qu'il sait à présent que je l'ai "balancé", que je ne sais pas comment il va réagir... Je suis malade rien que de penser à cette éventualité.

Autoportrait

Autoportrait

Le temps passe, et rien.

Je reçois un courrier, à moins que ça ne soit un appel me disant que la confrontation aura lieu tel jour, fin décembre.

Le temps défile avec cette angoisse permanente, s'ajoutant à cela la maladie de mon père qui se développe de plus en plus... Trop de choses à penser, trop de choses à gérer... L'enfer sur Terre et dans mon crâne de gamine de 19 ans.

La veille de la confrontation, je reçois un appel de ma grand mère, nous sommes le soir, je suis assise sur le lit.

Elle m'annonce que l'on vient de découvrir X pendu, dans son garage, dans ce garage qu'il chérissait tant, et où (entre autre) il me tenait, terrifiée...

Je reçois la nouvelle froidement, je suis d'un calme olympien, la haine coule pourtant en moi, naissant dans le creux de mon ventre, pour aller se glisser dans la moindre parcelle de mon corps.

Je ne ressens que ce besoin de vengeance, cette rage viscérale qui me ronge, et qui pourtant semble invisible aux autres...

Je raccroche.

Le lendemain, censément le jour de la confrontation, un flic m'appelle, je ne sais plus si c'est celui qui s'était occupé de moi à la Brigade.

Il me met au courant, je crois lui dire que je le sais déjà.

Il me dit alors une chose que je n'oublierais jamais: "Avec ce suicide c'est la preuve qu'il était bien coupable. A présent, on vous croit".

La haine fulmine à nouveau, car cela signifie que jusque là on me prenait alors encore pour une menteuse pathologique, ne souhaitant que gâcher la vie d'un pauvre vieillard...

Je n'ai qu'une question qui me brûle les lèvres, et n'hésite pas à la poser: "A t il laissé une lettre et que dit-elle?", il me répond qu'il n'a pas le droit de me la lire, ce que je conçois parfaitement. Je pose alors une dernière question, car après tout qui ne tente rien n'a rien... "Parle t il de moi dans cette lettre?", sa réponse me glace le sang: "Non".

Pedophilia, Partie 2, Le Châtiment

La discussion aurait pu finir là, mais il me posa une dernière question: "Souhaitez-vous poursuivre les poursuites?", je ne comprend pas de quoi il parle et lui demande alors pourquoi.

"Pour réclamer des dommages et intérêts envers sa femme."

"Je me fous de l'argent..."

Et la discussion se termina là... à l'inverse de ma vie et des traumatismes que j'aurais durant toute mon existence.

Pedophilia, Partie 2, Le Châtiment

Rédigé par Venus Velvet

Publié dans #Vie

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Bigoudenblues 03/12/2014 01:57

Je ne saurais dire ce qu'il y a de plus choquant dans ton histoire, la réaction excécrable des policiers, et ce, jusqu'au bout, leur jugement à ton égard, la vision de la femme qui en découle, la proposition de la fin, pour continuer les poursuites envers sa ...femme!! Sa femme, déjà en deuil, pourrait avoir à payer si jamais tu l'avais voulu? Est-ce que la justice Française est si stupide?
Je suis outrée et dégoutée.
Ton histoire est touchante, et ta façon de la raconter montre une grande force de caractère que j'admire. Je te souhaite de tout coeur de mener une vie heureuse, loin de tous ces souvenirs qui te hantent.

Bigoudenblues 08/12/2014 04:04

Ah effectivement je n'avais pas vu les choses sous cet angle. Si elle avait été au courant de ses agissement et si également il avait fallu payer pour des soins à ton égard, alors en effet, cette loi (ou jurisprudence ou quoi que ce soit) a un fondement. Enfin bon... J'ai lu le dernier chapitre de cette histoire. Je te trouve très forte pour en parler de la sorte. (j'en profite pour dire que tu as une jolie plume) Bravo pour avoir surmonté tout ça, et je te souhaite de réussir à vivre facilement avec ce lourd souvenir, et cette sensation de crime impayé. Bonne soirée.

Venus Velvet 03/12/2014 12:15

Je te remercie de ton message.
En fait, si tu veux tout savoir, je me demande si le Châtiment, n'a pas été plus mien qu'autre chose.
C'est une partie de ma vie qui est très difficile, une partie qui m'a fait le plus grand mal, une partie où toutes les plaies ont été rouvertes, violemment, tant de fois.
Je suis fière d'avoir été porter plainte, mais cette période fût bien loin d'être rose, heureusement que la Brigade des Mineurs fût là.
J'ai appris que depuis, la prise en charge des victimes a été fortement amélioré, ce qui comme tu as pu le voir n'était pas le cas à cette époque, il y a donc un tout petit peu moins de 10 ans.

Pour la proposition de la fin quant aux dommages et intérêt, cela peu se comprendre, et je pense que de toutes manières celui-ci n'avait pas le choix que de me la poser.
En fait, ils n'avaient aucune preuve affirmant ou infirmant la possible collaboration avec sa femme dans cette histoire, donc dans ce cas, c'est de la non assistance à personne en danger (au minimum), complicité dans le pire.
En raison, des troubles psychiques que cela induit, il faut une prise en charge (ce qui ne fût pas mon cas), et donc malgré les possibles aides de l'Etat comme les CMP, les frais médicaux pour les suivis peuvent coûter chers, donc généralement dans ce genre de cas, les dommages et intérêts sont CENSES être utilisés pour cela.
Après certes, c'est un peu tombé comme un cheveux sur la soupe.
Pour être honnête, je n'ai jamais su si elle avait été au courant des actes de son compagnon, parfois on préfère ne pas voir pour se donner bonne conscience. Donc, je ne pourrais dire...

Je te remercie en tout cas de m'avoir lu. Je ferais sans doute aujourd'hui ou demain, le troisième et dernière partie: l'Après donc le maintenant, les séquelles, la manière de vivre ce passé, les incidences que cela a eu avoir sur ma vie...

Je te souhaite une très bonne journée
Venus