Diatribe contre la sociabilisation forcée

Publié le 21 Janvier 2015

La solitude, tendre et douce sensation.

Seule dans un coin, perdue dans ses pensées, perdue dans ses idées, perdue dans ses pénombres, ses zones d'ombre, perdue dans la rêverie, dans l'imaginaire.

Comment fuir cette sublime sensation?

Pourquoi de nos jours, devons nous fuir cette chose que l'on chérit et qui nous définit?

Pourquoi est-ce si difficile pour l'Autre de ne pas comprendre, de ne pas accepter cette particularité qui est une si grande partie de nous?

Pourquoi la société et ce depuis toujours nous classe selon le principe philosophique d'Aristote, que l'Homme est un animal social?

Pourquoi devrions-nous nous forcer, nous convaincre nous même de ce besoin, qui n'est au final qu'une illusion pour certains d'entre nous.

Si j'applique la réflexion du philosophe, je ne me considère pas comme cet animal social dont il parle, je ne me sens pas "intégrée" dans cette société faite de normes et de codes que je conchie pour une bonne partie, toujours selon lui, je devrais donc être sous un sous-homme, un être incapable de restreindre ses pulsions basiques, de se conforter aux normes sociétales, aux autres, je serais donc l'équivalent d'un animal, une bête, se livrant à ses pulsions les plus viles, et ce, en dehors de la cité.

A l'inverse, je pourrais être un sur-homme, créature divine, placée au dessus de la plèbe, de l'humain dans son ensemble, créature divine, qui n'a en rien besoin de ses semblables pour évoluer, semblables qui au final ne le sont plus, étant donné que ce statut vous rend être supérieur à l'essence divine, ne se mêlant plus à la société, car supérieur aux autres.

Je trouve cela bien restrictif, même si l'on ne peut nier que la manière dont il pose son point de vue est difficilement critiquable, tant la logique est posée.

Malgré tout, je suis incapable de me reconnaître dans ce schéma de pensée.

Je n'aime pas les contacts humains, je n'aime rien de plus que me terrer dans ma tanière comme un sous-homme, je n'aime rien de plus que de m'approcher des nuages dans des tours inaccessibles, où l'homme me paraît alors tête d'épingle, faisant alors sans doute de moi une sorte de divinité sans pouvoir aucun, omnisciente mais juste un témoin de l'humanité, sans pouvoir quelconque autre que la vue.

J'aime voir de loin, ne pas me mêler, observer le déroulement des choses, analyser les comportements humains, tenter de comprendre mon prochain, car malgré ses dires, je me considère malgré tout, comme faisant parti de l'humanité, cette même humanité qui me donne des sueurs froides, et un cheveu blanc perdu dans la masse teintée.

Je suis lassée de devoir faire comprendre que j'aime le contact écrit, mais que je fuis le contact physique et téléphonique, que je dois faire des efforts sur-humains pour me contraindre à sortir de ma prison volontaire, pour engager un semblant de conversation.

Je suis lasse de tenter de faire comprendre que la vie sociale du XXIème siècle est loin de me correspondre, qu'elle m'oppresse plus qu'elle ne me convient.

J'ai beaucoup de difficultés à trouver des excuses qui n'en sont pas, car je me refuse à mentir, pour éviter de voir ceux que je considère comme mes amis.

J'ai besoin de cette vie un peu recluse, une sorte de nonne laïque et incroyante, perdue a errer dans sa vie monastique, où le voeu de silence à presque été fait.

Je me contente de peu, je rêve du jour où le téléphone aura disparu, remplacé exclusivement par l'écriture, papier, si possible, même si hélas je n'ai aucun espoir, mais sans doute plus virtuel.

Je rêve, de me perdre sur une île déserte où seul mon cher et tendre sera là, le seul avec qui j'ai envie de partager nos quelques discussions.

Diatribe contre la sociabilisation forcée

Je ne hais pas mes amis, et mes proches, certes, je hais l'humanité, c'est un fait avéré depuis longtemps, car je ne lui fais pas confiance, mais, j'apprécie malgré tout ces personnes qui m'entourent, mais chose incompréhensible pour certains, je n'ai que rarement envie de leur présence physique.

Je me contente de mots qui apparaissent sur un écran, une relation virtuelle qui me contente parfaitement, ainsi je peux rester cloîtrée, enfermée dans ma vie, dans mon lit, loin des regards, loin des normes sociales, et des obligations que l'on se doit de suivre...

Pourtant, rare sont les personnes qui l'acceptent, le plus souvent, on associe cela avec le fait que je les rejette, que je les fuis (ce qui est vrai, je ne vais pas mentir), mais on m'impute des raisons qui ne sont pas les miennes.

On m'affirme avec la plus grande certitude que je vivrais mieux autrement qu'en vase clos, en voyant du monde, en m'ouvrant aux autres, mais cela est faux...

J'ai donné dans ce concept et je ne m'y suis pas retrouvée, je n'étais alors pas moi-même, je me trahissais, je jouais une carte que je n'avais pas en ma possession, je jouais la comédie, un personnage qui n'était pas moi, ou alors je me noyais dans la foule pour oublier volontairement celle que j'étais.

Quoi qu'il en soit, je n'étais alors pas en phase avec moi même.

Chacun est différent, certains ressentent le besoin d'être proche d'un milliard d'être, d'autres se sentent heureux dans la solitude complète, ou quasi complète.

Quoi qu'il en soit, vous ne ferez pas changer ceux que nous sommes au plus profond de nous...

Rédigé par Venus Velvet

Publié dans #Divagations

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