Tracer des dessins pour le dessein du destin

Publié le 15 Janvier 2015

Je m'ennuie, Monsieur dort sur le canapé mes côtés, le furet fait de même à même le sol, les deux ronflent à l'unisson...

J'ai lu tous les articles qui me sont passés sous la main, sur mon écran, j'ai écumé le Monde, le Courrier Internationnal, Slate et l'AFP, sans compter tous les articles qui me semblaient à propos sur les fils de mes amis.

Je me coucherais sans doute moins bête lorsque je choisirais de prendre le chemin du lit.

En attendant, je m'occupe stupidement. Je prend des auto-portraits de moi, ou si le mot vous semble plus approprié des selfies, qu'importe, je ne vous blâmerais pas, de prendre ceci pour cela, ou cela pour ceci. Libre à chacun de définir ces images...

Tracer des dessins pour le dessein du destin

J'attend de récupérer des vies dans ces jeux abêtissants dans lesquels je me noie régulièrement, j'attend avec une impatience folle de voir les coeurs s'aligner, cela rimant pour moi avec le fait que mon esprit va être occupé à des viles occupations, qui ne laisseront pas libre cours à mon cerveau et à son imagination un peu trop féconde et pessimiste.

J'évite de trop penser à ma vie, aux myriades de problèmes auxquels je dois faire face dernièrement, des problèmes qui n'en seraient peut être pas pour d'autres mais qui pour moi me semblent insurmontables.

J'aime à me noyer dans une goutte d'eau, généralement, celle qui fait déborder le vase puis qui s'écoule sur mes joues.

Tracer des dessins pour le dessein du destin

Je me pose plus de questions que je n'ai de réponses, et chaque nouvelle question en faire poindre de nouvelles encore, qui créées tant à elle de nouveaux problèmes dont je ne sais comment m'extirper.

Annihiler les pensées pour ne pas désespérer, pour éviter d'angoisser et de gober quelques jolis cachets blancs à la belle rainure centrale, et ce merveilleux et délicieux goût, qui se dépose sur ma langue, amertume mêlée de culpabilité et de légèreté chimique.

Ce goût qui donne des relents âcres à l'haleine, mais qui comme un mot gustatif me signifie que mon coeur va se desserrer, que ma gorge va bientôt se dénouer et mes pensées se faire plus lentes et reposantes.

Tracer des dessins pour le dessein du destin

Fuir le lit, pour fuir les insomnies, et les réflexions obsessionnelles qui sont ses chères soeurs siamoises.

Fuir le jour aussi, garder l'oeil ouvert le plus tard possible, pour ne pas être seule, une présence même endormie est toujours plus salutaire qu'une solitude en pleine lumière...

Tracer des dessins pour le dessein du destin

Ne s'endormir que lorsque les sens ne peuvent rester éveillés, s'endormir, sombrer dans le néant avant que les idées ne prennent le pouvoir.

Vérifier par les images que je suis toujours présentes, corps et âme, voir petit à petit le temps qui modifie mes traits, très légèrement, de manière très subtil, si lentement que je ne vois rien, hormis quelques légères ridules qui strient mon front, et encadrent mon piercing.

Tracer des dessins pour le dessein du destin

Des ridules qui me font me souvenir que le temps passe même si je n'en ai pas conscience, même si je ne veux pas le voir.

Prendre conscience de son apparence, de celle que l'on devient, de celle qu'on a perdu, de celle que l'on perdra et de celle que l'on sera.

On ne peut être et avoir été...

Tracer des dessins pour le dessein du destin

Perdre du temps, des heures qui s'écoulent dans le silence de la nuit. Seule, sans la solitude.

Tracer des dessins pour le dessein du destin. Prendre des notes, faire des croquis, des listes, tracer des mots sans sens, tracer des lettres pour être.

Ne pas oublier, vérifier toutes les options, les possibilités, ne pas faire d'erreurs.

Le mieux est de ne rien faire, vivre dans un statut quo, nier le temps qui défile et les années qui passent. Refuser de grandir et de devenir adulte, ne pas reproduire les schémas que l'on exècre, fuir les responsabilités, les peurs, les échecs, fuir la joie et les réussites. Rester enfermée dans une bulle, témoin de l'époque dans laquelle j'évolue sans m'y mêler.

Se prendre pour une princesse endormie, enfermée dans une tour d'ivoire, là, où rien ne pourrait m'atteindre, pas même le baiser de mon prince, car je ne veux pas me réveiller dans ce monde qui n'est pas le mien. Je ne veux pas voir le monde tel qu'il est vraiment, pourtant, j'ai les yeux bien trop grands ouverts et maudite princesse que je suis, la pomme ne m'a pas endormie.

Tracer des dessins pour le dessein du destin

Je veux bien des "il était une fois", mais je refuse catégoriquement le "ils se marièrent et eurent beaucoup d'enfants"...

Je ne veux plus grandir, pour ne pas souffrir, pour ne pas mourir, disait l'une d'elle...

Ne pas perdre le fil, ne pas perdre la face...

Rester fidèle à soi même, à ses idéaux, à ses convictions, ne pas blesser, ne pas être blessée en retour.

Fuir les vestiges de vertiges qui s'immiscent m'enlisent.

Rêver d'avoir un futur.

Un futur fuyant vaut mieux qu'un futur filant.

Rédigé par Venus Velvet

Publié dans #Divagations

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Aleks Crément 17/01/2015 16:18

Hello! Je suis arrivée sur ton blog via Sandra Von Keller, et je prends juste deux minutes de mon temps pour te dire que tu es d'une beauté tout à fait renversante, et que tes traits m'éblouissent énormément.

Je suis aussi assez touchée par quelques sujets que tu évoques avec beaucoup de justesse (la beauté qui se fane, le rapport aux "autoportraits" dont on ne peut se passer mais qu'on est incapables de prendre sans se trouver risible ou coupable), je vais donc continuer à explorer le reste de tes pensées au fil des pages,sans doute en silence.

Merci d'illuminer ma navigation aujourd'hui, c'est assez rare que cela arrive.

A bientôt!