Le chat qui...

Publié le 22 Avril 2015

Le chat qui...

J'écris peu en ce moment, peut être est-ce aussi bien. J'avais envie de lire, des choses douces, des choses joyeuses, des choses qui sont loin des actualités qui me ruinent le moral, j'avais envie d'un peu de légèreté, donc je me suis remise à lire Lilian Jackson Braun et sa série Le Chat Qui... Pour ceux qui connaissent, il est question de meurtres, certes, mais le ton étant donné par une vieille dame quasi-centenaire pour les derniers tomes, nous sommes bien loin des meurtres sanglants et répugnants qu'aime à écrire (et moi à lire habituellement) des auteurs comme Maxime Chattam ou encore Mo Hayder.

C'est un goût un peu rétro, un peu suranné, des images d'épinal, de la campagne américaine, où se mêlent ultra-riches et red neck pour la plupart bien éduqués. Bref, nous sommes bien loin des réalités.

Le personnage principal est un homme de la cinquantaine, moustache tombante faisant tomber en pâmoison toutes les femmes qui s'y frottent, et délie les langues des plus réticentes. Auparavant journaliste criminel sans le sous dans le "Pays d'En Bas", à comprendre la grande ville, car l'action se passe pour la plupart des tomes dans une ville du comté imaginaire de Moose, à 600 kilomètres au nord de tout, il devient héritier d'une fortune considérable, se comptant en millions ou en milliards en fonction des tomes.

Accompagné de deux chats siamois, Yom Yom, la femelle, petite chatte vive et voleuse, Koko aka Kao K'o Kun, un mâle aux capacités étonnantes qui aide Qwilleran (notre héro) dans ses enquêtes.

Le ton est bon enfant, (presque) tout le monde est beau et gentil, sauf le méchant de l'histoire (et encore, souvent celui-ci aurait presque des excuses), ce qui change radicalement des polars actuels où chacun brille de par sa sombre lumière intérieur, et où le mal est partout.

J'avais commencé à lire quelques tomes lorsque j'étais encore très jeune, il faut dire que les livres et moi, c'est une histoire d'amour qui remonte à loin... Et pour contrer les sombres idées qui aiment à m'envahir, j'ai choisi de les relire à nouveau, dans leur totalité. N'ayant plus de livres pour enfants sous la main, j'ai pensé que c'était une option tout à fait adapté à mes humeurs du moment.

Il est amusant de traverser les époques (les premiers tomes ont été écrits dans les années 60, puis l'auteure a repris sa plume, l'année de ma naissance en 1986, elle était alors déjà septugénaire), avec le regard d'une vieille dame, les moeurs qui à mes yeux semblent parfois rétrogrades, principalement la place de la femme, certaines pages me faisaient ronchonner intérieurement, me disant, que ça n'était pas possible d'être aussi vieux jeu, aussi peu féministe, mais bon, chaque époque à sa vision des choses, et je vois ces écrits avec mes yeux de jeunette née dans les années 80, ce qui est loin d'être le cas de l'auteure). Un exemple parmi tant d'autres: Qwilleran qui s'offusque que les femmes journalistes travaillent de plus en plus pour la rubrique des faits divers, et que ces derniers doivent alors traiter les sujets trop féminins à son goût tels que la décoration d'intérieure (mon beau-papa serait content de savoir qu'il fait un métier de "gonzesses").

Les vouvoiements étonnent tout autant, cette manie qu'à Qwilleran à dire "vous" à ses différentes dames de coeur, à son meilleur ami d'enfance,... Est-ce un choix du seul traducteur? Je ne saurais dire.

Quoi qu'il en soit malgré ma fibre féministe qui se hérisse parfois devant des idées et des moeurs qui me semblent bien éloignées de ma réalité, j'aime le ton désuet de la chose, on est dans le monde créé par Lilian Jackson Brown, dans son imaginaire, dans son utopie, et au final, dans un sens, ça fait du bien.

Rédigé par Venus Velvet

Publié dans #Divers

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