Bruyant mutisme

Publié le 1 Mai 2015

Bruyant mutisme

Incapable de me taire, incapable de rester dans mon mutisme.

Je ne sais pas pourquoi mais les mots sortent trop souvent comme un flot, ininterrompu, du bien, du mal, du bon, du mauvais, qu'importe, je dois juste prononcer, ne pas taire, laisser tarir la source de mes pensées.

Peur de ne pas comprendre, peur de ne pas être comprise, je balance tout, au risque de tout perdre.

Je n'ai plus la notion des mots, plus la notion des maux que les mots peuvent engendrer, j'ai juste le besoin soudain et insondable de tout vider.

Pourquoi?

Sans doute, car par la phrase j'exprime le fond de ma pensée, celle qui est bien souvent trouble lorsque je ne suis que face à moi même, partant dans de stériles débats face un moi rarement en phase avec moi même.

Je cherche à approfondir, à médire, à maudire, à réécrire mes dires.

Peur d'être mal comprise, peur d'être alors rejetée, mal aimée, dépossédée de mon discours, que les mots tournent à ma défaveur, que l'on manipule mes dires, que l'on tourmente mes tourments.

Bruyant mutisme

Peur que l'on me fasse mentir, que l'on me fasse acquiescer à n'importe quoi sans que je m'en rende compte.

Je pars alors dans une diarrhée verbale ou écrite, me noyant et noyant peut être les autres dans les tréfonds de mon âme, dans les labyrinthes obscures dont j'ai arrêté de dresser le plan.

Je dis trop, je dis plus que ce que les conventions acceptent, alors après que faire?

Je me maudis de tout ces mots dits. Je réfléchis aux choses que j'aurais dû taire, aux paroles traîtres, aux choses que je pensais sans réellement penser.

A cette parole automatique, à cette psychographie, auxquelles je ne sais renoncer.

Je donne trop, ne veux plus prendre, seule face à moi même, le débat est bien vague, mais en face de l'Autre mes pensées deviennent tempêtes, de joie, de rage, de larmes ou de rire, qu'importe.

Bruyant mutisme

Je ne contrôle plus.

Sans doute m'a t'on trop volé la parole, m'a t'on trop décidé à ma place, peut être que je souhaite aujourd'hui être autre chose qu'un fantôme sans pensées, une ombre silencieuse qui plane dans un coin.

Sans doute ai-je envie d'être "je", d'être moi-même, de m'affirmer.

Difficile de faire la part des choses, d'être soi sans l'être trop, de passer de l'oublier à celle qui veut être, qui veut se contrôler soi même.

Long est le chemin, long est le parcours pour devenir quelqu'un, pour faire la balance entre le vide et le trop plein.

Longue est la distance pour sortir du principe manichéen, sortir de la notion du noir ou du blanc, sans les nuances grises, difficile d'être dans le parfait milieu, une parfaite dichotomie.

Apprendre à être un juste au milieu des autres, à être juste vis à vis de soi et des autres n'est pas forcément le plus simple.

Peut être doit on d'abord toucher le Ciel et l'Enfer avant d'être capable d'apprécier la Terre.

Rédigé par Venus Velvet

Publié dans #Divagations

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