Un été à Paris

Publié le 19 Juillet 2015

Un été à Paris

Encore une nouvelle journée, encore le même paysage, les mêmes sons, les mêmes odeurs, la même vue depuis la fenêtre, à savoir un mur de briques.

Encore une journée à ne pas savoir comment occuper son temps, à maudire mon manque d'imagination et mon manque de motivation permanente.

Encore une nouvelle journée à voir Monsieur tourner en rond, allumer la console, au bruit de locomotive à vapeur, jouer un peur, gronchonner, puis l'éteindre... s'asseoir sur le canapé, allumer je ne sais quel jeu sur le téléphone, et faire de même (bruit ferroviaire exclu)...

Et moi, assise à côté, encore levée à 13 heures, il va sans dire que comme toutes les autres nuits depuis des semaines, voire des mois, je m'endormirai avec le coucher de la lune, aux aurores si vous préférez...

Assise et attendre, je pas savoir, réfléchir à tout et surtout à n'importe quoi. Pourtant les cieux sont clément, le baromètre au beau fixe, les températures proches d'un séjour aux Enfers, mais qu'importe, c'est l'été.

Je devrais sauter de joie, jouir de ce premier été dont je peux réellement profiter après les folies qui m'ont assombris l'esprit les deux étés précédents. Pourtant non, j'erre tel un fantôme dépressif dans les limbes de l'appartement, je suis Monsieur comme une ombre lorsque à bout de nerf, il envoie balader la manette pour partir à l'assauts de nos bars fétiches.
L'été à Paris...

Mortifiée par le manque d'eau où tremper les pieds, désespérer par l'absence d'herbe non colonisée par des hordes furieuses de gosses glapissants, de jeunes en train de faire bronzette sur les côtés du Père Lachaise, les Buttes Chaumont deviennent le paradis de tout parisien essayant de se dorer la couenne sans passer par la case des salons d'UV, et n'ayant pas pour X raisons la possibilité de partir se roussir dans des contrées plus ensoleillées.

Je rêve de voyages, de distances, d'inconnu, de forêts de lianes, de cris d'oiseaux inconnus, de pluies et de typhons, de nuits tropicales, de vertes eaux, de banyans, et d'îles sous-peuplées.

Je me prend même à rêver de la forêt, du Parc, et des vertes allées de ma ville: Maisons-Laffitte, si loin et si proche à la fois.

Je suis ensuquée, vidée de toute énergie, Paris m'a eu, Paris m'a bu, Paris m'a déçu et sans doute aussi déchu.

Je rêve de crever le béton, faire exploser les murs, briser les métro, et voir s'élever des forêts et des rus, de la verdure, des animaux autrement qu'en laisse, je veux un retour au naturel, juste un temps, le temps de finir par haïr autant la nature que la ville, après je ne sais pas, peut être me rêverai-je sur la Lune, ou sous les mers.

De toutes manières, rêver est aussi synonyme d'espérer, et ne dit-on pas que l'espoir fait vivre? Avec tant de rêves, je suis prête à mourir centenaire.

Rédigé par Venus Velvet

Publié dans #Divagations

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