Décadence, folie et opiacées

Publié le 30 Septembre 2015

Et oui, je n'écris plus en ce moment.

Je sais, j'ai délaissé le blog, les blogs, Instagram et autres réseaux sociaux.

Sans doute que je n'ai pas beaucoup d'inspirations pour le moment, sans doute que je ne réfléchis pas à des sujets qui peuvent être retranscrits sur le net, des choses qui ne me concernent que moi, qui n'ont pas trait au monde, aux autres.

Bref, quoi qu'il en soit, je fais mon mea culpa, car je n'ai pas écrit un article complet, qui me semble intéressant, depuis un sacré bout de temps.

Mais que voulez-vous, n'ayant aucune obligation de tenir mes blogs à jour, il est parfois difficile de s'y tenir, de penser à prendre le temps de, à s'investir dans une réflexion construite et à la rédiger, de plus, encore faut il avoir un sujet, un truc différent, un truc qui n'a pas été redit par 12000 personnes.
Bref, ne pas se contenter de faire du copier-coller, essayer de construire un schéma de réflexion, non pas selon des normes strictes, mais juste quelque chose qui a un début, un milieu, une fin, et surtout un sens.

Il faut aussi avoir envie de partager, et parfois, on devient intellectuellement égoïste, conservant ses idées juste pour soi, ou alors à l'inverse, on ne fait qu'étudier que celles des autres, se mettre en retrait, réfléchir à d'autres modes de pensées, d'autres vies, d'autres périodes.

Décadence, folie et opiacées

Ces derniers temps, je me suis remise à lire un peu plus, je voulais découvrir des auteurs que je n'avais jamais lu, j'ai lu "A rebours" de Huysmans, ainsi que l'un de ses autres romans: "Marthe, histoire d'une fille", les deux se passant à la fin du XIXème siècle, à Paris.

J'ai été profondément troublée, touchée, investie par "A rebours", beaucoup de points communs que j'ai pu déceler dans le héros et en moi-même.
La fuite du monde, la misanthropie parfois obsédante, le besoin d'ailleurs qui ne se finalise jamais, la somatisation et la folie qui croît, le rythme circadien que l'on maltraite et qui finit par nous être néfaste et l'obligation de retourner à une vie réelle, non pas une vie fantasmée, remplie de lecture, de solitude, de réflexions...

Les fantasmes d'une beauté perdue, d'un siècle disparu...

J'ai appris, appris sur moi, moins sur les autres, qu'importe, là encore il est parfois de bon aloi que de ne penser qu'à soi, pour mûrir, pour progresser.

L'autre roman n'a que peu d'intérêt à mes yeux, juste une histoire au coeur de la déchéance de la Belle Epoque, les rêves de luxe et de "vie facile" qui s'acquièrent par une vie d'horreurs et de décadence, la perte de l'utopie, la tête dans les étoiles, les pieds dans la fange.

Juste l'histoire d'une chute, une chute qui pourrait tout autant se passer aujourd'hui.

En fait, non, même si je ne l'ai pas apprécié, sans doute en raison d'un vocabulaire d'argot parisien désuet, qui m'a un peu perdu, et une histoire sans doute trop galvaudée au fil du temps, l'histoire en filigrane reste intéressante, et a sans doute laissé quelques traces au fin fond de mes neurones.

Décadence, folie et opiacées

Puis, suivant le fil de l'opium, je suis partie m'embrumer l'esprit chez Burroughs, son "Festin Nu" et "Junkie", une étrange sensation...
Un détachement total qui m'apparaissait à chaque ligne de "Junkie", comme si l'empathie de l'auteur au sujet de sa propre personne était complètement inexistante, comme s'il voyait de loin sa propre vie, sa propre existence, comme s'il la décriptait froidement, chirurgicalement, avec autant de distance qu'on le ferait d'un inconnu.
Etrange sensation, si contradictoire avec le "Festin Nu", où là, tout est grandiloquent, fou, grotesque, impossible de ne pas penser aux idées paranoïdes et paranoïaques, de se mettre dans la peau, dans le crâne de l'auteur, s'imaginant subjugé par des délires pornographiques et morbides, où tout à un sens et au final où rien n'en a.
Comment en arrive-t'on là? Pourquoi? Comment un esprit humain peut-il survivre à ce genre d'hallucinations.
Il est vrai que j'ai et ai depuis très longtemps une fascination pour les drogues, peut être que le fait de n'en prendre aucune, de ne pas même supporter une bouffée de joint, me rend la chose encore plus mystique, et accroît mon intérêt pour cela.

Intérêt n'est pas synonyme d'apologies, pour moi, cela s'apparenterait peut être plus à une fascination morbide, tenter de comprendre, d'imaginer, le mystère des opiacés et autres alcaloïdes.

Une peur que je trouve fascinante...

J'ai adoré et détesté me trouver dans la tête de Burroughs, le côté sombre de l'humain, la descente qui se fait petit à petit, l'impossible compréhension du "Festin Nu", juste une suite illogique de tableaux parfois macabres, souvent scabreux, toujours étranges...
Je ne saurais dire ce que je pense de cet écrivain, tant son approche est particulière, sa vie, son oeuvre, l'ensemble est comme indomptable, peut être est-ce cela qui rend l'objet si inatteignable et si fascinant.

La fascination morbide vous disais-je?

XXX

Venus

PS: Comme, je ne suis que noir et blanc, après l'âge adulte et sa chute, je me suis remise sur un sujet plus léger: Harry Potter, me voici déjà au quatrième tome, sans doute après la série, me lancerais-je à nouveau dans les relectures de Masoch et de sa "Venus à la fourrure" ou encore de Hunter S. Thompson et de "Las Vegas Parano". Mais chaque chose en son temps.

Rédigé par Venus Velvet

Publié dans #Vie, #Divagations

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