Erreur de jeunesse

Publié le 16 Août 2016

Erreur de jeunesse

C'est horrible de penser au passé, de se remémorer les instants que nous avons tant chéri, les moments marqués au crayon dans les pages des agendas de nos jeunes années.

La vie est une accumulation d'événements, de faits, de sentiments forts, de périodes troublées, de périodes plus joyeuses, mais elle est une accumulation, dont il est parfois difficile de sortir.

Repenser au passé peut parfois être une bonne chose, cela permet de faire le point, de remettre les choses en ordre, d'essayer de comprendre pourquoi nous sommes celle que nous sommes aujourd'hui. Mais, parfois, jeter un regard un peu trop prolongé vers le passé peut semer le trouble, on voit alors les occasions ratées, les erreurs que nous avons commises, nos agendas et leurs petits coeurs, nous explosent à la gueule, indiquant sans erreur les choses que le temps avait effacé, les erreurs de parcours, et nos coeurs à nous, celui qui bat entre nos seins, se tord alors des torts que nous avons causés, des douleurs que nous avons ressenties.

Nous jetons un oeil nouveau sur une actualité qui date de plus d'une décennie, et nous nous disons des "et si..." par centaine, nous tentons de construire dans notre cerveau quelques réalités alternatives et au chemin bien différent que celui que nous avons pris pour en arriver là où nous en sommes.

On crève de voir les impasses que nous avons choisi, on se mord les doigts des choix que nous avons fait, par méconnaissance, par quiproquo, par stupidité ou par égoïsme.

On s'aperçoit alors que nos choix n'ont pas influé que sur notre propre existence, mais sur celle de tous ceux qui était liés à nos actions, et l'on souffre en silence d'avoir entraîné d'autres personnes dans notre chute, dans nos mauvais choix.

On se dit que la vie aurait pu être plus douce, tout autre, que nous ne serions pas passés par tant d'embarras si nous n'avions pas suivi égoïstement nos instincts primaires: la peur de la solitude, la tristesse, l'appel du corps sous MD (non, pas moi qui ai cédé à la drogue, mais l'autre, un autre, et les corps n'ont fait qu'un...).

C'était il y a longtemps, une vie entière presque, mais ces instants, ces choix, mal-faits, mal-vécus, des erreurs de parcours qui m'ont coûté trop cher.

J'aimais, j'aimais tant, mais je l'avais perdu, pas pour toujours, mais les kilomètres, trop de kilomètres nous séparaient, les adultes nous séparaient aussi, alors j'ai perdu la tête, je me suis oubliée, dans les soirées, dans les corps dévoilés, dans l'inconnu. J'ai cherché des bras pour compenser ceux qui n'étaient plus là, j'ai chercher des sentiments dans des coeurs arides pour compenser un départ que je ne consolais pas.

Je ne sais pas ce qu'aurait été la vie si je n'avais pas succombé, si je n'avais pas choisi la volupté induite par la drogue à l'attente patiente et cruelle.

Tant de coeurs dessinés puis barrés, tant de jours qui s'égrainaient, tant d'années que j'ai passé à chercher à récupérer ce que j'ai perdu depuis plus d'une décennie, les mensonges éhontés, ou peut être plus le mensonge éhonté qui au final ne l'est pas tant que cela.

Aujourd'hui, je tourne des pages, des pages pleine de symboles, de chiffres, mais vides de mes espoirs d'adolescente. J'ai dans ma tête des images qui tournent, des images mouvantes, où l'accablante chaleur fait tourner les têtes, j'ai des larmes qui se dessinent sur ces fantômes de ma jeunesse, je vois des beautés atroces, des coups dans le vide, des hallucinations de vie parfaite, puis la Chute, l'erreur que je ne pourrais jamais me pardonner, le mauvais choix, le mauvais chemin...

Je pense à cela, je pense à toi, avec le recul, avec l'idée que j'ai tout foiré, avec l'idée que même treize années n'affectent pas la honte, que treize années n'effacent pas les conneries d'une nuit de septembre avec un corps camé.

Rédigé par Venus Velvet

Publié dans #Divagations

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