Oubli de soi

Publié le 10 Septembre 2016

Oubli de soi

Pendant longtemps, très longtemps, j'ai oublié, oublié qui j'étais, oublié ce que j'étais.
J'errais jour après jour, nuit après nuit, essayant de tuer le temps.
Le temps passe, vite ou lentement, en fonction de la joie ou de la langueur de l'époque.
Je n'étais rien, et je me foutais bien de changer quoi que ça soit à ce quotidien. Je n'avais juste aucun espoir de sortir de cette vie qui était mienne.
Les jours, les semaines, les mois et les années ont passé, j'ai chuté, je suis remontée à la surface pour de nouveau être au bord de la noyade.
Je me suis oubliée, j'ai laissé de côte les appels du corps et ceux de l'âme, les soins habituels pour me contenter d'un état larvaire dans ma Tour d'Ivoire.
Où était donc l'intérêt de prendre soin de moi hormis pour l'apparat, donner le change, garder la face, car "mieux vaut faire envie que pitié"? Mais dans le fond, je me laissais me dissoudre dans le néant, m'oubliant, négligeant mes besoins essentiels car mon esprit était ailleurs.
J'ai laissé mon corps et mon âme se liquéfier, jusqu'à ce que je sorte de cette vie qui me tuait à petit feu, totalement vidée de tout espoir et de confiance en moi.
La dépression nous fait nous oublier, nous devenons invisible à nos propres yeux, sans foi dans l'avenir nous laissons nos corps se putréfier vivants, nos esprits se momifier.
Lorsque je me laisse aller, lorsque je vois mes proches faire de même, oubliant les bases de l'apparence, les "à quoi bon...", je sais qu'un problème pointe son nez. Il n'est pas toujours aisé de le reconnaître, de le percevoir, mais c'est un indice.
Au bout d'un long régime de vie sans étincelle, de survie plus que de vie, le corps hurle, se débat, se révolte pour crier à vos yeux aveugles que si vous ne relevez pas la tête vous ne vous relèverez plus jamais.
La dépression, les troubles psychiques bouffent lentement mais sûrement, les séquelles sont longues à guérir mais mieux vaut ne pas passer des années à serrer les dents en attendant que ça passe, car le cercle devient facilement vicieux.
Bref, apprenez à repérer les moments où vous êtes au bout du rouleau pour ne pas vivre des années dans l'attente que le corps finisse pas craquer.

Rédigé par Venus Velvet

Publié dans #Vie

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