Publié le 21 Juin 2010

Texte datant du 21 juin 2010:

Encore un départ, une nouvelle fuite, une tentative d'oublis, encore cette envie, ce besoin de nous oublier l'un l'autre. Encore une fois, un adieu que je ne ressens que comme un au revoir.

Je suis une vétérante, une guerrière amazone aux multiples blessures, le cœur maintes fois blessé aux Champs d'Honneur, j'ai la sensation de parfaitement connaître l'ennemi, ses stratégies, les techniques pour le surprendre, ses points faibles, comment le clouer au sol, le corps et l'âme déchiquetés.
Je suis une vétérante dans ce jeu, dans cette douleur, dans ces montées d'adrénaline qui m'entraînent à la haine, un soldat qui connait l'issue de chaque bataille, qui sait qu'il n'y aura jamais que des trêves, plus ou moins longues, avant le prochain conflit.

L'arme chargée, l'œil alerte, j'attends, je scrute le champs de ruine qu'est ma vie. Patiemment, j'attends le moment opportun, celui où, je devrais courir, kamikaze, vers les prochaines salves de balles, celles qui me blesseront à nouveau, j'attends encore, le moment où, toi, Ennemi Perpétuel me fusillera, fera couler mes espoirs et mes peines, par la plaie béante de mon cœur et m'entraînera vers une mort certaine.

Trop de fois, j'ai connu ces combats, trop de départs suivis de retour, trop de pleurs et de douleurs, de poignards qui transpercent les chairs, de mots acérés, de hurlements de douleur. Tant de fois, j'ai lu la souffrance dans nos regards, moi qui t'appelais pour m'achever, moi qui hurlais de me donner le coup de grâce, celui qui me ferait taire. Combien de fois t'ai je supplié de m'abandonner, de ne pas te retourner? Je ne sais plus, tu m'as tant de fois fait prisonnière, tant de fois j'ai espéré que tu me transperces d'une balle en plein coeur.

Tu n'as jamais rien fait, tu n'as jamais souhaité me donner le repos, me pousser dans la tombe que j'avais creusé de mes propres mains. Une exécution pour abréger mes souffrances, la gangrène qui a putréfié mes chairs comme mon âme. Jamais tu ne m'as laissé ce répit, cet espoir de lâcher les armes, de crever comme un héros, fière de mon combat. Je n'ai jamais fuis devant toi, ô Ennemi, jamais je n'ai reculé, l'attaque était, je crois, la meilleure défense, mais je me trompais peut être.

Quand aura lieu le prochain duel? Te voir face à face, nos yeux se noyant dans ceux de l'autre, quand aurais je le courage de tirer la première? Le monde muet autour de nous, moment intemporel où plus rien n'existera pour moi, ni les retentissements des canons au lointain, ni les explosions des troupes alliées... Aurais je un jour le privilège de voir cette guerre prendre fin, je ne sais pas... Anciens combattants, peut être nous verrons nous dans le futur, côte à côte, remémorer et commémorer les conflits passés, sans animosité, sans haine, juste deux vieux ennemis que le temps a guéri.

Voir les commentaires

Rédigé par Venus Velvet

Publié dans #Divagations