Les soldes

Publié le 14 Janvier 2014

     Nous connaissons tous et toutes cette période sacrée des soldes, cette période bénite où nous pouvons faire brûler carte de crédit et salaire en moins de temps qu'il nous en faut pour le dire.

 

Et bien, cette année, je m'en abstiendrais, oui, en effet, comme souvent je suis à la ruine, il n'est pas simple à notre époque de faire correctement conjuger les termes étudiants et comptes en banque florissants, donc, je m'éviterais de courir sur les sites Internet, voire même les boutiques physiques (je n'ai jamais été une grande adeptes des folles périodes de soldes dans les magasins où des queues insensées se forment que ça soit pour les cabines d'essayages ou encore pour les caisses). Longtemps, je n'y suis allée que lors des dernières démarques, en semaine, évitant à tout prix de croiser les regards stressés et angoissés des vendeuses réduites à remettre en place toute la sainte journée les vêtements tombés sur le sol, piétinés par les souliers vernis des acheteuses dépendantes. Je partais tranquille, lors des périodes creuses à la recherche des vêtements à -70% que personne ne voulait SAUF moi! 

Aujourd'hui, je me contente de me balader sur le net, à la recherche de celles qui après avoir fait les soldes, perdues leur ticket de caisse, se mettent à revendre à tour de bras leurs ratés des soldes, et ça tombe bien, parce que c'est encore moins cher comme ça, encore moins de baston pour avoir la dernière paire de Jeffrey Campbell, ou le dernier truc de chez Maje (de toutes manières, Maje, n'est pas ma tasse de thé, par contre, Monsieur Campbell, c'est une autre histoire).

 

Voilà, ça je ne veux pas:

 

Je sais bien que les soldes restent la période de l'année où nous pouvons tous faire de super affaires, mais pourquoi nous obstinons nous à acheter des vêtements qui pour la plupart finiront revendus neuf, l'étiquette faisant foi, dans les semaines à venir sur Ebay, le Bon Coin, ou encore Vinted, parce qu'au final nous nous serons apperçu qu'en effet, une seule de nos cuisses ne peut décidément pas rentrer dans cette merveilleuse jupe en taille 32 que nous venons de payer 30% moins cher, et que bien évidemment, nous faisons un bon 38?

 

Aujourd'hui bon nombre de nos dressings débordent, nous avons des fringues, des fringues et toujours plus de fringues, certaines que nous aimons et chérissons que nous userons jusqu'à la trâme, mais ce cas est rare! La grande majorité trouvera grâce à nos yeux durant quelques temps, voire même une seule fois et ira pourrir dans un coin de notre armoire, noyée sous le monticule d'autres oubliés de la penderie.

 

Mon but n'est pas de dire de consommer mieux, moins ou ce que vous voulez, juste de comprendre le pourquoi de nos fièvres acheteuses. 

 

Pourquoi achetons-nous à cette période enfièvrée des choses que nous n'aurions même pas forcément voulu si l'on nous les avait donné? Comment de simples bouts de tissu peuvent-ils faire ressortir ce genre d'instinct guerrier juste lorsqu'un bout de carton indique -50%? 

 

 

Pour ceux qui me connaissent, me lisent, vous savez pertinemment à quel point j'aime râler, en me retranchant derrière un écran, certes, mais que je vous rassure, je suis aussi ainsi dans la réalité. J'aime me poser des questions existentielles sur des sujets qui ne le sont pas du tout, et aujourd'hui, j'avais envie de parler des soldes, et bien oui, un adorable petit marronnier cher à ses hordes journalistiques en ce début d'année. Donc, pourquoi eux et pas moi?

 

Alors certes, je critique, je râle, je m'exprime, comme toute bonne parisienne, et même parfois, je ne balayais même pas devant ma porte avant de le faire. C'est comme ça, lorsque l'on est parisien, nous sommes au dessus de tout et de tout le monde, les avis extérieurs importent bien peu, nous sommes des monstres de prétention, de jugements, nous sommes les BOBOS! 

 

Mais revenons en au sujet premier: les soldes! En tant que français, nous pouvons tout de même être fiers de nous, en effet, en comparaison du Black Friday au USA, nous n'avons ni mort, ni blessé, comme cela arrive parfois là-bas. Vous ne me croyez pas? Vous ne pensez pas que certains peuvent donner leur vie pour une ristourne? Et bien regardez les faits divers, ou même mieux: Wikipédia, qui se fera un plaisir de vous expliquer: http://fr.wikipedia.org/wiki/Black_Friday_(shopping) ou encore les traditionnelles bagarres lors du Boxing Day chez nos voisins anglais.

 

Donc, si contrairement à moi, vous comptez vous aventurer dans les hordes humaines des magasins cette année encore, je vous souhaite bon courage, peut être nous retrouverons nous sur Ebay pour que je vous achète votre superbe nouveau BoyFit pour lequel vous avez perdu un doigt. Que la force soit avec vous, et avec votre esprit.

 

XXX

Venus

Rédigé par Venus' Kitchen

Publié dans #Mode

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