Publié le 16 Octobre 2003

Non, ce texte n'est pas autobiographique, loin de là même, je l'ai écrit il y a bien longtemps maintenant, en 2003, et je ne sais pourquoi mais j'ai un attachement particulier à celui-ci.

Peut être est-il une biographie d'une époque, d'un milieu, de personnes que j'ai croisé, fréquenté, partagé un bout de vie.

Je suis témoin, toujours en retrait, loin derrière, à observer, à tenter de comprendre les autres, leurs motivations, leurs peines, et leurs failles. Un témoin silencieux,...

"Mes plaies me brûlent et mon coeur est tellement fané que je ne ressens plus rien. Le monde est si creux que je voudrais juste être reine de mon propre Enfer, pouvoir le diriger comme bon me semble. Dans ce monde fait d'insectes grouillants, nous avons perdu notre âme au jeu de la folie.

Les droguent me défoncent, elles me tueront, je le sais et j'aime ça. Je hais ma vie, et je hais mes lendemains, je suis une superbe modèle... de droguée, et je suis fière de l'être. Mes mains sont toutes ouvertes par les tentations auxquelles je n'ai pu résister, le monde est si laid, un monde blanc, impur, un monde qui semble avorté.

J'ai rouillé à force de pleurer, je ne suis qu'un misérable robot, une Barbie méca-nique, une star de dépression, soleil à présent mort comme la lueur de bonheur dans mes yeux. Je ne suis plus rien du tout.

Je suis un bout de rien du tout, bourrée aux amphétamines, sans âme. Mon auréole n'est jamais revenue et mes ailes ont été arraché, jeune, j'étais pleine d'espoir, mais à présent, je suis pleine de merde. Je me suis bâtie un nouveau dieu, un nouveau moi, juste une substance hallucinogène. Un rêve dans un monde trop gris et stérilisé. Ce monde va me tuer, je prend un shoot et je vole, loin d'ici près des étoiles que jamais je ne toucherais, jamais pas même en rêve. Maintenant, je suis déjà à moitié morte et partie.

J'aurais aimé être libre, mais j'ai une putain de fissure dans mon coeur, qui a dépassé ma peine.

Mais, je ne peux plus espérer, ma bouche est pleine d'héroïne. Blanche et scintillante comme la neige, comme un coma blanc, infini. Je n'ai plus de religion, je l'ai perdu pour le culte de la drogue, je ne crois plus en moi-même car je suis une traînée, j'étais vierge et j'ai vieilli pour devenir ce que je suis aujourd'hui. J'étais religieuse et pure et à présent, je suis moi.

A présent, je veux disparaître, mourir jeune mais pas cette nuit, j'ai goûté à presque toutes les drogues et, j'ai jouis. Maintenant, je n'ai presque plus rien à découvrir, je m'emmerde à crever. Et je sais que ce que je veux apprendre je ne le verrais jamais. J'ai été élevé pour ne rien être, juste être soumise alors je préfère mourir.

Je ne suis même pas un morceau d'âme, puisque j'ai perdu la mienne, jamais elle ne reviendra, elle s'est lassée de moi trop tôt. Et je ne sais plus différencier le bien du mal. Mais, mon dieu, que j'ai mal dans mon petit coeur. Je n'ai plus rien à l'intérieur de potable, et je voudrais m'étouffer avec mon prochain rail.

Je suis défoncée et sénile bien avant l'âge. Je ne sais plus ce que je suis et je m'en fous car je meurs à petit feu, c'est un long et doux suicide auquel je joue."

Requiem sous narcotiques

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Rédigé par Venus Velvet

Publié dans #Divagations