Interview Nana Atsuaki: "Ce genre de personne, c'est vraiment le genre de tordu sur qui on ne veut jamais tomber."

Publié le 27 Novembre 2014

Voici la suite de mon petit projet d'interviews pour montrer l'autre côté de l'activité de modèle, je suis toujours intéressée pour avoir le maximum de témoignages, si cela vous intéresse, je vous propose de suivre ce lien pour en savoir plus et me contacter.

Bonne lecture

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VenusXIII

Petit projet d'interviews - Les vaticinations de Vénus

http://venuskitchen.over-blog.com/2014/10/petit-projet-d-interview.html

Bonjour :) Alors, je me nomme Nana Atsuaki, j'ai 21 ans, et j'habite à Rouen. Je suis également en études à l'Université de Mont Saint Aignan dans la licence Humanité et Monde Contemporain.

Quel a été le cheminement qui t'a mené à devenir modèle et quel a été ton parcours dans ce domaine (freelance, agence, amateur, pro,...) ?

Alors je suis freelance, et ça a été totalement un hasard. Il y a maintenant deux ans et demi, j'avais un style assez excentrique, et alors que je me baladais avec une amie de l'époque, un photographe est venu nous accoster, en nous présentant sa carte professionnelle, et nous a demandé si on avait quelques minutes pour prendre des clichés. Etant de quelqu'un de très timide, je ne savais pas trop où me mettre, mais nous avons accepté. Et comme cela s'est reproduit plusieurs fois, j'ai décidé de me lancer, pour m'assumer et vaincre peu à peu cette timidité maladive. Ce qui était paradoxal pour une nana qui sortait avec des tenues qui attiraient le regard des gens.

Quelles étaient tes limites lorsque tu as débuté dans ce milieu (lingerie, topless, nu,...) et ont-elles changé au fil du temps ? Si oui, pourquoi ?

Si c'est le cas : Pourquoi as-tu accepté de faire du nu ? Quelle était ta motivation pour te dévoiler face à l'objectif, au photographe mais aussi à la vue du public en général?

Alors mes limites à mes débuts étaient vraiment la lingerie. J'ai longtemps eu des gros problèmes avec mon corps, je suis passée par plusieurs phases d'anorexie, jusqu'à ce que j'ai un déclic. Au jour d'aujourd'hui, j'ai posé nue, pour une photographe. Je me suis lancée dans son projet, car je le trouve très beau, et que je me suis dis "pourquoi pas". De plus, elle a réussi à me mettre très à l'aise, et j'ai vraiment adoré ce qu'elle a fait. Je la conseille vraiment pour les personnes qui veulent participer à sa série "L'homme et la nature". Et j'espère recollaborer avec elle, et cette fois-ci avec des animaux :) Après, je ne sais pas si je serais capable de reposer nue pour quelqu'un d'autre. Mais le topless ne me dérange pas.

J'imagine à la vue de ma propre expérience, et de l'époque dans laquelle nous vivons que tu devais avoir des books onlines. Par quel média te contactait-on le plus souvent ?

On me contacte le plus souvent via Facebook, sinon, par mon Book.fr

Travaillais-tu de manière rémunérée ou en « Poses contre photo ? »

Je travaille le plus généralement pour pose contre photo, même si j'ai été quelques fois payé pour des shootings.

Interview Nana Atsuaki: "Ce genre de personne, c'est vraiment le genre de tordu sur qui on ne veut jamais tomber."

En ce qui concerne tes shootings, te présentais-tu seule, accompagnée, etc ?

Je me renseigne sur les photographes avant de les rencontrer. Quand ce sont des photographes avec qui, certaines personnes ont déjà collaboré et me disent qu'il est clean, je peux y aller seule. Si j'ai le moindre doute, je viens accompagnée. Il y a tellement de pourris dans ce milieux qu'on ne sait jamais. Et je conseille même pour les jeunes modèles, de venir accompagner lors de leur shooting, comme elles débutent, elles ne savent pas forcément qu'il y a des personnes mal attentionnées dans ce milieux.

As-tu déjà reçu des propositions dérangeantes, dégradantes ou avilissantes lors de ces premiers échanges avec les photographes ?

J'ai déjà eu des propositions de shootings assez dégueulasses oui. Me demander de poser à poil dans un bain de sang, dans une sorte de cave seule avec le photographe, ou encore faire du SM ce n'est pas du tout mon truc. De plus, quand certains me semblent louches, soient ils n'ont simplement pas de book ou de page à présenter, ou quand ils en ont, ce ne sont que des choses à la limite de la pornographie. Et je ne fais qu'une seule chose : je bloque. Surtout quand la personne insiste de trop alors que je répond non, et que j'explique pourquoi.

Pourrais-tu me décrire un « shooting-type » pour avoir une idée un peu plus précise de ton activité ?

Il n'y a pas forcément de shooting type... Parfois je papote plus avec le/la photographe que je ne pose, parfois comme ce sont des amis, on prend juste quelques clichés et on passe la journée ensemble. Quand ce sont des photographes avec qui je collabore pour la première fois, j'essaye d'avoir une attitude pro, mais souvent à la fin, ils voient à quel point je suis maladroite, ou que je sors des bêtises à longueur de temps, donc souvent les ambiances sont bon enfant :) Après, il faut aussi que le feeling soit là. Sinon, je suis très mal à l'aise, et je ne décroche pas un mot. Ca arrive aussi quand je suis impressionnée, car je n'aurais jamais cru collaborer avec tel ou tel photographe dont j'admire le talent.

T'es-tu déjà retrouvée dans une situation qui t'a mise mal à l'aise, où tu t'es sentie en danger ou bien as-tu réellement vécue une expérience traumatisante lors de ton parcours ?

Mon premier shooting, j'étais vraiment mal à l'aise. J'avais le soleil dans les yeux, le photographe ne me parlait pas... Ce qui fait que je n'ai jamais de nouveau collaboré avec lui. Une autre fois, une amie, qui m'accompagnait, m'avait certifié que le photographe avec qui j'avais shoot était super. Ouais, j'ai juste eu l'impression d'être un bout de viande, je n'étais absolument pas à l'aise, et j'ai vite déguerpi à la fin de la séance. De plus, les photos étaient catastrophiques, pas du tout ce qu'il m'avait présenté. Et il est venu ensuite me faire des propositions bizarres en dehors de la photo. Je l'ai bloqué, et aujourd'hui, dès qu'on me parle de lui, je met en garde la modèle, et la renvoie vers d'autres témoignages, qui sont aussi assez aberrants... Ce genre de personne, c'est vraiment le genre de tordu sur qui on ne veut jamais tomber.

Pourquoi as-tu décidé de poursuivre/ d'arrêter la photographie ?

Malgré le fait que j'ai pensé à arrêter, car on voit vraiment que c'est un monde très dur, où tout le monde se tire dans les pattes, j'ai décidé de continuer, car je me sens plus épanouie depuis que je suis modèle. J'arrive mieux à m'accepter ( même si je garde quelques éternels complexes ! ), et que je suis quelqu'un qui va plus vers les autres, ce qui n'était pas du tout le cas avant que je ne commence à poser.

Interview Nana Atsuaki: "Ce genre de personne, c'est vraiment le genre de tordu sur qui on ne veut jamais tomber."

Ta vision du monde de la photographie de modèle a t'elle évolué depuis que tu le fréquentes de l'intérieur ?

Oui, totalement. Je suis du genre bisounours, donc je crois que tout le monde il est beau, tout le monde il est gentil. Et je me suis vraiment rendue compte que c'était un sale milieu... Tout le monde se crache dessus ^^" Il n'y a pas encore longtemps, un photographe avec qui je papote beaucoup m'a dit "C'est hallucinant, presque toutes les modèles avec qui j'ai collaboré ont craché sur d'autres modèles pour que je ne collabore pas avec". Et nous sommes à Rouen, c'est dire... Je découvre même parfois que j'ai une autre vie. Ou que des personnes que je ne connais même pas, d'autres modèles, s'amusent à cracher sur moi juste parce qu'une de leur amie ne m'aime pas. Après, j'ai aussi rencontré de très belles personnes, et même si on se voit peu, je suis fière de les avoir rencontré :)

Cette expérience comme modèle a t'elle eu une incidence sur ta vie quotidienne ?

Oui. Comme je l'ai expliqué, je suis quelqu'un de très timide, et grâce à cela, je me "soigne". De plus ça fait toujours plaisir quand on attend son train d'être reconnue, et de savoir que ce que l'on fait plait :)

Selon toi, comment sont perçues les modèles photo que cela soit par le public en général, par les photographes et même par les proches et la famille ?

Cela va dépendre des gens. Beaucoup pensent que les modèles sont narcissiques, alors que certaines cachent un profond mal être et essaye de le vaincre en posant. Personnellement, un côté de ma famille ne le sait pas, un autre le sait et n'aime pas du tout ça ( un peu de jalousie je pense), d'autres s'en foutent mais me le reprochent dès qu'ils le peuvent, et enfin, il y a mes grands parents, qui me félicitent de ce que je fais. Je peux dire qu'ils sont mes plus grands admirateurs ^^ Et j'aime bien leur montrer des exclus, ou mes derniers shoots :) Ma mamie veut même me faire des tenues exprès ^^

Enfin, quels sont les conseils que tu aimerais donner aux demoiselles qui décident de se lancer dans cette activité ?

De ne pas écouter les méchancetés, mais seulement ceux qui essayent de les faire avancer. Et de se méfier surtout, comme je l'ai dit, il y a vraiment des pourris dans ce milieu, et qu'elles soient accompagnées pour éviter cela.

Interview Nana Atsuaki: "Ce genre de personne, c'est vraiment le genre de tordu sur qui on ne veut jamais tomber."

Rédigé par Venus Velvet

Publié dans #Interviews

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